Les producteurs en faveur d’une explosion du prix des films en VOD

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Mort à la VOD

Dans une lettre ouverte, les principaux syndicats représentatifs et producteurs français du monde cinématographique, représentant 95% de la filière, s’associent pour émettre une liste de quatre propositions concernant la vidéo à la demande (VOD) en France.

Les producteurs demandent tout d’abord « à ce que soit fixé par décret un prix minimum de reversement aux ayants droit de 4 euros par transaction ». Vu le tarif actuel des films en VOD, cela reviendrait invariablement à en faire exploser le prix ; le prix de vente d’un film en VOD (de qualité standard, SD, stéréo, en location 48 heures) passerait ainsi à plus de 8 euros ! Les ayants-droits touchent pourtant, en moyenne, près de 60% du prix d’un film vendu en VOD, soit une part bien plus importante que sur la vente d’un DVD.

Par ailleurs, ils demandent également la mise en place d’une « obligation légale de préfinancement des œuvres par les opérateurs de service de VàD ». Les éditeurs de VOD, qui réalisent des marges bien plus faibles que sur le circuit de distribution physique, contribuent pourtant déjà à la création en reversant diverses taxes au profit du CNC.

Plus curieux, il est également question d’« interdire l’achat groupé de droits par les groupes medias possédant plusieurs chaînes de télévision », mais encore d’« asseoir l’assiette de redistribution des parts distributeurs sur la totalité des recettes réalisées par les exploitants de salles de cinéma » (ce qui inclurait les revenus générés par la vente de glaces, pop-corns, ou autres bornes de jeux d’arcade apposées aux salles de cinéma).

Sur son blog Digital Home Revolution, Pascal Lechevallier, qui analyse le document, met en avant les incohérences de telles propositions, notamment en terme de prix des films en VOD (« il faudra aussi que les producteurs nous expliquent comment ils pourront continuer à céder leurs droits à iTunes qui vend les films de nouveauté 3,99 € TTC tout en percevant une rémunération de 4 € »). Pour lui, les producteurs font une erreur « en ne se préoccupant que du financement de leurs films et absolument pas des attentes des consommateurs de VOD et de SVOD »

Source : Digital Home Revolution (blog ZDnet)

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

20 commentaires

  1. Devant un tel tissu d'incohérences, que dire? Leur rappeler la fameuse réplique: "Les cons cela ose tout!"...
    Gaffe, ils vont finir par se faire flinguer par des tontons!!! :P

  2. Certains ont besoin d'eau prélevée moins de 24h avant dans un lagon tropical pour remplir leur piscine en or massif, que voulez-vous!
    La viabilité du modèle, avec des films à 2-3€, est secondaire pour ces gens dont la principale source de revenu est déjà prélevée dans les comptes publiques via une myriade de taxes et niches fiscales. L'exception culturelle vaut bien toute la fraiche du monde, n'est-il pas?

  3. Moi qui suis un geek fini, j'achète presque jamais de VOD (une fois par an ??) justement parce que je trouve ça abscons de payer plus cher d'un DVD en location (qui coûte portant sûrement bien plus cher à distribuer !).
    Alors si ça augmente.
    C'est ce qui s'appelle voir le problème par le petit bout de la lorgnette.
    C'est bien de faire un produit super rentable, mais s'il n'y a pas de clients derrière...
    Par contre je suis pas d'accord avec Didi126 : tous les producteurs ne roulent pas sur l'or. Il y a plein de petits boites de prod audacieuses qui font de belles choses et qui méritent d'être financées. Les Besson et compagnie ne sont qu'une poignée, même s'ils détiennent 80% du marché.

  4. Bah le soucis, c'est que le subventionnement est devenu un élément majeur dans le financement des films, y compris des grosses production à la française.
    Que des réalisateurs prometteurs soient subventionnés, personne ne peut être contre. Qu'un gros film potentiellement très rémunérateur le soit, c'est autre chose.
    "The Artist" a été tourné à Hollywood, ce qui a empêché les producteurs de recevoir certaines subventions (bah oui, pour les avoir, faut quand même tourner en France). Comme quoi, les Français arrivent à faire des films à succès sans subvention.
    C'est comme toute aide: Sur le principe, c'est une bonne chose, cela permet de rétablir un équilibre dans un milieu par définition très concurrentiel; quand cela devient une rémunération comme une autre... On a forcément des abus, ou tout du moins, l'impression qu'il y en a.

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