L’arrivée de Free est un « cas d’école » pour l’Autorité de la concurrence

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Anne Perrot, vice-présidente de l’Autorité de la concurrence, s’est exprimée mardi dans la matinale de Radio Classique au sujet de l’entrée du quatrième opérateur mobile sur le marché.

Celle-ci estime que l’arrivée de Free est un « cas d’école » en faveur de la théorie de la concurrence : « si on avait à l’enseigner à des étudiants, ce serait un très bon choix », affirme-t-elle.

Elle rappelle que le marché restait très stable avec les trois opérateurs déjà en place (notamment lorsque ceux-ci « ont été pris la main dans le sac à s’entendre sur les parts de marché ») et constate que le lancement de l’offre de Free Mobile « a complètement cassé cette espèce d’absence de dynamique, et a mis un grand coup de pied dans cette fourmilière, en proposant des tarifs très bas ».

« Free a opté pour un business model complètement différent », celui de fournir des abonnements sans engagement et sans subvention de terminal ; « ce qui est intéressant, c’est de voir si ce business model va faire ses preuves ou non », analyse-t-elle.

Amenée à réagir sur les reproches des opérateurs concurrents, accusant notamment Free de causer du tort au secteur (investissements, emplois, etc.), Anne Perrot s’étouffe, pensant que c’est « tellement facile de dire ça ! ». D’une manière générale, elle explique que la concurrence dans ce secteur a « augmenté l’emploi dans les télécoms » et met en avant l’innovation qu’apporte un marché concurrentiel, rappelant que sur le marché du fixe, « Free a introduit les Box et la possibilité d’avoir un abonnement téléphone, Internet, puis, télévision ».

Et de conclure sèchement, à l’attention d’Orange, SFR et Bouygues Telecom : « ceux qui n’ont pas respecté les règles jusqu’à maintenant, c’étaient plutôt les opérateurs en place »

Écoutez l’intégralité de l’intervention d’Anne Perrot sur Radio Classique :


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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

40 commentaires

  1. En un mot: "Ouch".
    En tout cas, cela fait plaisir de voir quelqu'un de l'autorité de la concurrence défendre un point de vue similaire à l'ARCEP sur le bien fondé de l'arrivée d'un quatrième opérateur.
    Edit: Oups confondu l'autorité de la concurrence avec l'ARCEP...

  2. Initialement, l’idée d’avoir un quatrième MNO était de susciter et de dynamiser la concurrence. Pas de la supprimer.
    Si c’est ça le nouveau credo de l’Autorité de la Concurrence, dont acte.
    Le « cas d’école », c’est d’accepter qu’un MNO se comporte comme un Full MVNO. C’est un nouveau genre hybride.
    Le « cas d’école », c’est de remettre brusquement en question la concurrence par les infrastructures et les investissements, lesquels ont des logiques moyens et long termes.
    Le « cas d’école » est de tolérer des comportements incroyables qui créent des clivages dans la société civile, le tout pour un produit de consommation.
    Semer la haine et monter les gens les uns contre les autres ne sont pas de bonnes idées.

  3. Si Free n'avait pas eu d'itinérance, et donc devoir monter son réseau tout seul comme un grand, il aurait probablement moins joué les gros bras  :P

  4. Le vrai soucis, c'est que les autres opérateurs veulent imposer à free des règles que eux n'ont pas eu à suivre:
    Quand Orange, Bouygues ou SFR ont monté leur propre réseau 3G, si la 3G ne passait pas, eh bien tant pis, il restait au moins la 2G.
    Qui plus est, les premières années du déploiement de la 3G n'étaient pas aussi critique que la situation actuelle, où la plupart des smartphones consomment de la bande passante à foison.
    Alors, oui, les opérateurs auraient sûrement pu indiquer, comme le suggérait le président de L'ARCEP lors de son audition au parlement, que les règles de vérification de la couverture soient modifiées et à la limite revues à la hausse du fait même qu'une itinérance allait avoir lieu. Néanmoins, si ils ne l'ont pas fait, c'est bien qu'ils craignaient certainement le retour de bâton.
    Cependant, on en revient au même: Ce n'est sûrement pas l'accord d'itinérance que free a obtenu en 2G et en 3G qui pourra pérenniser ses offres. Pour que cela soit profitable, il faudra bien que son réseau se développe partout en France, soit bien dimensionné (rapport densité population/distance émission) et fiable. Et ce constat ne pourra se faire que dans quelques mois, au mieux.

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