Un mariage Iliad-Bouygues probable à 40% selon certains analystes

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Le sujet d’une consolidation du secteur des télécoms est régulièrement abordé ces derniers temps ; après l’annonce d’un accord de mutualisation entre SFR et Bouygues Telecom, favorablement reçu par les autorités, la fusion entre deux opérateurs ne semble désormais plus taboue.

Deux hypothèses ont le vent en poupe. Tout d’abord, une fusion entre SFR et Numericable ; le câblo-opérateur ne dissimule pas ses vues sur SFR, pour lequel il prépare une offre de rachat en cash qui serait déposée avant que sa maison-mère actuelle, Vivendi, ne sépare sa cotation du reste du groupe. Cette possibilité semble particulièrement crédible aux yeux des analystes ; ainsi, le courtier Oddo évalue à 80% ses chances de se produire.

Mais l’autre scénario de plus en plus généralement évoqué est celui d’un mariage entre Iliad (maison-mère de Free) et Bouygues Telecom. Ce dernier fait face à des difficultés de plus en plus importantes depuis l’arrivée de Free Mobile, avec un nombre d’abonnés qui le placera vraisemblablement en quatrième position du marché mobile lors de la prochaine mise à jour des chiffres trimestriels, et une relative faiblesse sur le marché du fixe — le déploiement très limité de son réseau fixe en propre et le succès très relatif de son offre Bbox en étant les principales raisons. De plus, si SFR et Numericable viennent à s’unir comme le croient les observateurs, Bouygues Telecom sera d’autant plus marginalisé.

Actuellement, le groupe Bouygues ne souhaite pas vendre sa filiale télécoms, et l’a déjà confirmé à plusieurs reprises. Mais il pourrait être amené à changer d’avis prochainement, « dans les dix-huit mois », estime un observateur cité par les Échos. Reste à réunir autour d’une même table Xavier Niel et Martin Bouygues ; les deux hommes entretiennent une antipathie mutuelle, entretenue à coups de déclarations assassines et autres saillies médiatiques. En 2013, Martin Bouygues avait notamment déclaré qu’il préférerait « crever que de vendre à Free » !

Malgré tout, le rapprochement reste relativement crédible selon les analystes. Le cabinet Oddo juge cette perspective probable à 40%. Plus prudents, ses confrères d’Exane BNP Paribas jaugent sa probabilité à 20%.

Source : Les Échos

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

14 commentaires

  1. Mariage, peu être pas et pas tout de suite en tout cas.
    Mais moi je verrais plutôt un rachat de Bouygues juste quand l'itinérance vers Orange se terminera....  2016/2018... l'action de Bouygues devrait être au plus bas ...

  2. Probabilite de 80% pour telle fusion, 40% pour telle autre, etc... Toujours cette ridicule manie des chiffres pour faire gober tout et son contraire. Je peux aussi dire 53.29% de chance qu'il n'y ait pas de fusion d'ci 257 jours, c'est totalement bidon mais ca fait tres serieux. Visiblement a toutes les epoques on a besoin d'oracles pour se rassurer, meme s'ils racontent du flanc, aujourd'hui on ne parle plus de druide, devin ou oracle on dit "analyste financier" mais le boulot reste le meme : rasurer les puissants et impressioner les gogos.
    En dehors de ca, ces chiffres issus de la boule de cristal de Oddo, specialiste en la matiere, datent deja de quelques semaines meme si l'article des Echos est bien d'aujourd'hui.

  3. Donc c'est un mariage improbable pour 60% des analystes.  Il faudra que Martin et Xavier - nos deux archi multi-millionnaires - commencent par se causer...
    Qui va bouffer l'autre  ? le nouveau riche ou l'ancien riche ?

  4. Bon, il y a un type de Oddo qui a des actions de l'un ou l'autre ou qui a fait une vente à découvert qui arrive à échéance.  Il rêve de faire une jolie plus value à court terme, mais trouve que ça ne va pas assez vite. C'est alors que le recours à intox peut s'avérer être un bon plan, et tant pis pour les petits porteurs pas trop informés du marché des télécoms.

  5. Ho moins ça fait causer, c'est mieux que de dire du mal de son voisin.
    Si on veut aller par là, Sfr avec Numéricable, ensuite Free avale Bouygues pour ensuite s'associer à Orange et là on fait un bon en arrière au lieu de faire un pas en avant.
    Il faut se rappeler l'époque ou Canal+(vivendi) a aspiré TPS (majoritaire Bouygues) et là avec le téléphone c'est pareil ils se feront marcher dessus. Côté fixe ils ont très peu de réseaux propres à eux et côté portables ils ont revendu leurs pylônes et se sont mutualisés avec Sfr donc ils n'ont plus grand chose à eux en propre.

  6. Vu de Bruxelles, Free existe par la volonté de l'Etat qui l'a associé à Orange. La soi-disant indépendance de Free est un écran de fumée car Orange n'existerait plus sans Free et inversement ! En revanche, la position de la France devient intenable avec un oligopole FreeOrange qui fait 75% des clients. Si l'Etat lâche Free, cela change tout.

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