Les grévistes du centre d’appel de Free au Maroc s’expliquent

30

Total Call, centre d’appel de Free d’environ 1700 salariés situé au Maroc, connaît un mouvement de grève de la part de certains salariés depuis le 19 mars. Un représentant syndical, interrogé par Challenges, évoque des conditions de travail qui « se dégradent sans cesse »

Abderrahmane Seghir, vice-président du Bureau Syndical de Total Call, affilié à l’Union Marocaine du Travail (UMT), brosse un tableau très noir du centre d’appels. Il évoque des « menaces de licenciements » ainsi que des « licenciements abusifs », des « intoxications alimentaires » constatés à la cantine d’entreprise, ainsi qu’une situation de « stress » d’une manière générale. « Nous n’arrivons même plus à prendre notre pause réglementaire de 30 secondes entre deux appels. Les appels s’enchaînent non stop », indique le représentant syndical, qui souligne une surcharge importante de travail depuis le lancement de Free Mobile, pour lesquels les conseillers n’ont reçu qu’« une formation de deux heures ».

Le syndicat milite également pour une hausse des salaires : il est actuellement fixé à 4 000 dirhams (400 euros environ), soit le double du SMIC marocain, plus 4 000 dirhams de primes (variable). Les grévistes réclament une hausse du fixe d’environ 150 euros. D’autres demandes figurent également sur la liste, notamment une meilleure desserte en transports du lieu de travail, à 13 kilomètres du centre de Casablanca.

Devant la gravité des accusations tenues par Abderrahmane Seghir, Challenges a tenté de joindre Free ou la direction de Total Call pour recouper ces informations, sans succès pour le moment.

- Lire l’intégralité de l’interview sur Challenges.fr

Partager

A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

30 commentaires

  1. J'ai lu l'article ce matin et j'étais persuadé d'avoir lu que la formation mobile avait duré 2 jours et qu'ils avaient réussi à avoir un jour de plus. Ca me paraissait bien mais là 2 heures en effet ça fait court.
    Je n'ai peut-être pas révé "Mis à jour le 03-04-2012 à 12h15".

  2. ah la la c'est triste, ça devient de plus en plus dur de trouver des esclaves dociles !!!
    Plus sérieusement, il serait temps que les salariés, quel que soit le pays, soient traités décemment.
    Je ne sais pas si c'est du fait de Free ou de la direction de la boite au maroc, mais je pensais que c'était plutôt le fait de boites avec une grosse pression des actionnaires (selon le terme consacré) qui agissait comme ça...

  3. "une meilleure desserte en transports du lieu de travail, à 13 kilomètres du centre de Casablanca."
    Free fait dans le transport de personne ??

  4. Je me faisais le même calcul: Si ils demandent une augmentation, on est presque au smic français. Pourquoi délocaliser alors? (sauf évidemment pour les heures de nuit et le travail le week end, là cela reste certainement plus intéressant).
    Bref, d'un coté, j'ai quand même l'impression que ce cas de figure n'est pas forcément le plus grave (je ne connais pas le coût de la vie au Maroc, mais l'équivalent de 4 fois leur salaire minimum, soit près de 800 Euros, cela doit commencer à faire pas mal non?), de l'autre, que les pays s'étant spécialisés dans les centre d'appels voient leur salariés commencer à gronder me semble plutôt positif: cela prouve qu'ils ont des choses à revendiquer, et qu'ils ne sont pas prêts à bosser dans n'importe quelle condition.

  5. Plutôt que de se focaliser uniquement sur les salaires, il est instructif de [u]tout lire  [/u] :-[, et notamment depuis la source de l'info (Challenges):
    http://www.challenges.fr/monde/20120402.CHA4932/le-centre-d-appel-free-en-greve-au-maroc.html

  6. Je comprends mieux maintenant pourquoi quand je discute avec un soit disant "technicien" nous n'arrivons pas à nous comprendre à part lire "aveuglément" une check liste qui commence par le contrôle des prises, le condensateur, etc, Alors que tu es chez Free depuis plus de 10 ans.

  7. Réagir sur le forum