L’UFC-Que Choisir dresse un bilan très positif de l’arrivée de Free Mobile

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Dans une étude publiée ce mardi, l’UFC-Que Choisir se penche sur l’impact de l’arrivée de Free Mobile sur le marché de la téléphonie mobile. Le bilan est « sans appel » pour l’association : le marché à quatre opérateurs est bénéfique, aussi bien pour les consommateurs que pour l’emploi.


Une vraie concurrence

L’UFC-Que Choisir constate tout d’abord que l’arrivée de Free a rendu un grand service aux consommateurs, en remettant en cause plusieurs pratiques jusque là généralisées en France : l’engagement et la subvention. Free a permis de démocratiser un modèle SIM-only, sans engagement, avec pour conséquence un nombre d’abonnés sans engagement plus que doublé en l’espace de deux ans.


Le nombre moyen de numéros portés par RIO en un trimestre a, lui, triplé dans le même temps, preuve que les utilisateurs n’hésitent plus à faire jouer la concurrence tout en gardant leur numéro.

Sur les tarifs, Free a poursuivi une tendance à la baisse des prix des forfaits, initiée quelques années avant son arrivée, et l’a démultipliée. Le coût de la facture mensuelle moyenne par abonné mobile a baissé sans conteste depuis l’arrivée de Free. L’UFC-Que Choisir estime ainsi l’impact du nouvel entrant a permis de libérer 6,83 milliards d’euros de pouvoir d’achat en deux ans !


Stop aux mensonges sur l’emploi

Mais si le bilan de Free Mobile pour le consommateur ne fait guère de doute, l’action du trublion a surtout été critiquée pour son impact prétendu sur l’emploi en France. Cet argument a été utilisé à de maintes reprises pour justifier le désir d’un retour à trois opérateurs…

L’UFC-Que Choisir constate pourtant que, depuis l’arrivée de Free, l’emploi dans le secteur des télécommunications a sensiblement remonté, et ce même en mettant en comparaison les chiffres fournis par l’ARCEP et ceux de l’INSEE.


Au-delà de l’emploi direct dans le secteur des télécoms, l’étude tient à élargir son champ de vision en mesurant l’impact de Free sur l’ensemble du champ économique en France. Le gain de pouvoir d’achat, déjà évoqué plus haut, entraîne naturellement un surcroît de consommation, encourageant directement la production, et donc l’emploi.

L’UFC-Que Choisir estime à 16 000 le nombre d’emplois créés grâce à l’arrivée de Free Mobile en France en un an, rejoignant les conclusions de l’étude contestée de Landier et Thesmar de 2013. Sur deux ans, le nombre d’emplois créés grâce au surplus de consommation est estimé à 50 000, a minima !

L’étude relativise enfin l’impact de Free Mobile dans d’autres domaines, constatant qu’elle n’a eu qu’un impact très mesuré sur les finances publiques. Par ailleurs, la baisse des revenus des opérateurs concurrents, bien réelle, doit être considérée dans une temporalité plus large, car elle « fait suite à une hausse précédemment marquée ». En réalité, la baisse est tendancielle depuis 2008, ce que l’association traduit comme une « normalisation » des revenus après une période faste.

Préparer un éventuel retour à trois opérateurs

On a largement reproché au gouvernement d’alors, ainsi qu’à l’ARCEP, de permettre l’arrivée de Free Mobile selon une vision purement consumériste, en négligeant les autres aspects de l’équation (impact socio-économique, notamment). Les données fournies dans cette étude tendent à montrer que cette vision consumériste n’était pas destructrice, contrairement à ce qui a pu être entendu.

Dès lors, l’UFC-Que Choisir s’interroge sur l’état du marché dans l’éventualité d’un retour à trois opérateurs, poussé notamment par la situation économique difficile de Bouygues Telecom. Et de prendre l’exemple du marché autrichien, où la consolidation des télécoms avec le mariage de deux acteurs s’est soldé par une hausse très importante des prix des services mobiles. Chaque opérateur en place en a profité pour augmenter ses prix, notamment pour les forfaits les moins chers.

Pour l’association, il convient d’accompagner un potentiel retour à trois opérateurs pour éviter qu’une telle situation se produise en France. Les MVNO pourraient, ainsi, devenir « garants de la concurrence »… à condition que les tarifs de gros soient strictement encadrés. L’UFC-Que Choisir propose ainsi que les opérateurs de réseaux « ne puissent plus réaliser de marges sur la vente de gros ».

L’étude complète est accessible en téléchargement libre, au format PDF, sur le site de l’UFC-Que Choisir.

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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