Free Mobile n’a pas nui à l’investissement, clame l’Autorité de la concurrence

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Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence, a tenu à revenir sur quelques-unes des idées reçues les plus tenaces concernant l’arrivée de Free Mobile en France.

Lors d’une conférence de presse, mercredi, il a estimé que Free a « indéniablement dynamisé l’offre, qui s’est accrue ».

Loin de la posture alarmiste sur l’investissement les emplois, il a tenu à donner son avis sur le rôle de Free Mobile. « Ce qui s’est passé, c’est bien plus de concurrence, qui est venu dynamiser le secteur. On préfère des secousses et de l’agitation au calme plat qu’a longtemps connu le secteur. Cette dynamisation du secteur n’a pas porté préjudice à l’investissement, au contraire il fait croître le gâteau », a-t-il affirmé.

À l’heure où les ministres français Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin ne souhaitent plus un accroissement de la concurrence, et où l’avis général est en faveur d’une consolidation des opérateurs à l’échelle européenne, Bruno Lasserre émet un avis différent : pour lui, « plaider pour une consolidation en revenant à deux ou trois opérateurs par pays n’est pas une bonne solution ». Il émet en outre des doutes sur l’efficacité réelle d’une telle mesure : « je doute que plus de consolidation veuille dire plus d’investissement. On ne peut pas non plus prétendre que la consolidation soit favorable à l’emploi ».

via AFP

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

10 commentaires

  1. Clair qu'à partir du moment où les investisseurs ont un trop gros gâteau, ils passent en mode "rente", et n'investissent plus! Un investisseur, c'est comme le citoyen moyen qui si on ne veut pas qu'il quitte la société, soit en s'expatriant, soit en devenant un voyou, il faut qu'il soit "sainement" aiguillonné!
    Un investisseur, il ne faut pas qu'il ait trop la trouille et qu'il retire ses billes, mais il faut régulièrement lui piquer les fesses en lui faisant sentir que s'il ne réinvestit pas une partie de ses gains, il peut aussi tout perdre! Une saine concurrence est un bon aiguillon pour cela!

  2. Fansat70 a écrit :

    Clair qu'à partir du moment où les investisseurs ont un trop gros gâteau, ils passent en mode "rente", et n'investissent plus! Un investisseur, c'est comme le citoyen moyen qui si on ne veut pas qu'il quitte la société, soit en s'expatriant, soit en devenant un voyou, il faut qu'il soit "sainement" aiguillonné!
    Un investisseur, il ne faut pas qu'il ait trop la trouille et qu'il retire ses billes, mais il faut régulièrement lui piquer les fesses en lui faisant sentir que s'il ne réinvestit pas une partie de ses gains, il peut aussi tout perdre! Une saine concurrence est un bon aiguillon pour cela!


    Un opérateur de téléphonie mobile qui n’investit plus meurt très vite. Car les technologies, l'obsolescence hardware/software et les couvertures radio évoluent en permanence et très rapidement.

    Travaillant dans ce domaine depuis des dizaines d'années, je n'ai jamais vu d'opérateurs qui ai arrêté d'investir. Et ce sont des sommes considérables.
    Certes le gâteau est important, mais la "rente" est très modeste en regard des ré-investissements.

  3. PoilàGratter a écrit :

    Un opérateur de téléphonie mobile qui n’investit plus meurt très vite. Car les technologies, l'obsolescence hardware/software et les couvertures radio évoluent en permanence et très rapidement.

    Travaillant dans ce domaine depuis des dizaines d'années, je n'ai jamais vu d'opérateurs qui ai arrêté d'investir. Et ce sont des sommes considérables.
    Certes le gâteau est important, mais la "rente" est très modeste en regard des ré-investissements.

    Autant je suis d'accord sur un point (les opérateurs investissent forcément, et il ne s'agit pas de petites sommes), autant sur le reste il ne faudrait pas pousser...

    Avec peu de concurrence, ou une concurrence peu active, il est possible d'investir moins vite, d'être moins pionnier. Les technologies arriveront, mais pas forcément aussi vite (petit exemple... le FTTH en France ?).

    Et dire que la rente est modeste au regard des investissements, hum... c'est quand même carrément de la mauvaise foi ;)

  4. Il y a beaucoup de pays comparables à la France où le FTTH est arrivé à la vitesse de la lumière ?
    L'Europe de l'Est, ils partaient de rien, tant qu'à installer un réseau, autant mettre de la fibre aujourd'hui. Les USA avec leur réseau téléphonique extrêmement centralisé, la technologie xDSL trouvait vite ses limites (plus de 4Km de ligne en moyenne entre un abonné et le DSLAM le plus proche). Des petits pays extrêmement urbanisés où il est plus simple de connecter rapidement une part importante de la population (Corée du Sud, Taiwan..) etc... Il y a certainement des pays ou l'arrivée du FTTH se sera faite plus rapidement qu'en France, mais est-on si à la traîne que ça ?

  5. Yoann Ferret a écrit :

    Avec peu de concurrence, ou une concurrence peu active, il est possible d'investir moins vite, d'être moins pionnier. Les technologies arriveront, mais pas forcément aussi vite (petit exemple... le FTTH en France ?).



    Bonjour,

    J'avoue ne pas bien saisir l'exemple du FTTH. Depuis l'arrivée de Free et de sa box à 30€, le marché du fixe est censé être très concurrentiel, non ? Alors pourquoi le FTTH est-il en retard ? D'ailleurs, alors qu'aux alentours de 2005/2006, Free semblait volontaire sur le sujet, on ne certainement plus dire que ce soit le cas aujourd'hui... abandon du vertical dans de multiples copro pourtant signées par Free, VDSL2 mis en avant, et déclarations récentes qui indiquent que finalement, la fibre, ça sert pas à grand chose...

    La marché très concurrentiel oblige évidemment les opérateurs à investir s'ils veulent se différencier, prendre de l'avance, ou ne pas prendre de retard, c'est une évidence.
    Mais la contraction du chiffre d'affaire et des marges les oblige à faire des choix parfois douloureux.

  6. Alors là j'ai la réponse pour le FTTH.
    A 30 euros l'abonnement fixe, seul les zones très très denses sont potentiellement rentables pour un déploiement fibre.

  7. Ce n'est pas la base du problème : aucun investissement ne peut se passer d'une prévision de rentabilité basée sur la durée. Or tant que le réseau cuivre existe, il rallonge le retour d'investissement de tout réseau fibré. L'exemple ci-dessus qui cite les pays d'Europe de l'Est est limpide : il n'y avait pas de réseau concurrent, ce qui explique qu'aujourd'hui, vous pouvez choisir entre près de 4 opérateurs pour une connexion internet THD, que ce soit par FTTx ou 4G, que vous trouverez dans tout centre commercial avec une date de mise en service de 48 ou 72 heures et un tarif que j'ai honte de citer pour ne pas pas casser l'ambiance !

    Tant que l'Etat ne fixera pas le calendrier d'extinction du cuivre, Orange et son associé Free n'auront absolument aucun intérêt à pousser la FTTH, le cuivre leur rapporte infiniment plus. Free aura eu le mérite d'essayer le modèle FTTH p2p pour s'apercevoir un peu tard que les consultants avaient raison de prévoir un gouffre financier... 8) Mais les financiers ne peuvent tout simplement pas octroyer des crédits peu rentables par les temps qui courent.

    Il y a aussi eu un aveuglement très franchouillard sur le mythe d'une solution miracle FTTH. Or c'est absurde, car même dans des pays comparables au nôtre, la FTTH a une part de marché minoritaire dans les réseaux pour les particuliers. La FTTB est très largement dominante et c'est exactement ce qui se passe en France, avec les accords de plus en plus nombreux signés par Numericable avec des RIP. La FTTH est tout simplement trop chère et les économies d'échelle n'y changent pas grand chose.

    Enfin, le bon sens : il est stupide de sauter sur sa chaise pour réclamer des débits inutiles, réflexe gâteux du début des années 2000 où l'offre était débile. A la différence du duo infernal Orange Free qui prône l'acharnement thérapeutique pour le cuivre, on trouve aussi de plus en plus de partisans de solutions ni cuivre ni fibre, comme aux Pays-Bas :
    "Ziggo provides analog & digital cable television, broadband Internet, and telephone services in Netherlands. They plan to use the study conducted by Consumentenbond, a consumer organization to reinforce their claims in favor of legacy cables and why subscribers do not need to run behind optical fibers. They say cable providers can provide Docsis 3.3 download speeds up to 150 Mbps"

    Source: http://www.fiberopticmania.com/pages/details/606?sthash.0Bn8dpQP.mjjo&goback=%2Egde_1041687_member_255127157#sthash.0Bn8dpQP.u9K90iSU.dpuf

    Comment peut-on écrire que Free n'a pas nui à l'investissement, alors que son projet initial FTTH prévoyait une première tranche de 1,2 milliards d'euros finalement arrêtée à 750 millions ? Et du côté du mobile, les perspectives de croissance sont mortes avec Free et aucun opérateur étranger n'est venu chez nous. Lamy n'a pas tort, mais Vodafone n'est pas Iliad.

  8. Kami78 a écrit :

    Ce n'est pas la base du problème : aucun investissement ne peut se passer d'une prévision de rentabilité basée sur la durée. Or tant que le réseau cuivre existe, il rallonge le retour d'investissement de tout réseau fibré. L'exemple ci-dessus qui cite les pays d'Europe de l'Est est limpide : il n'y avait pas de réseau concurrent, ce qui explique qu'aujourd'hui, vous pouvez choisir entre près de 4 opérateurs pour une connexion internet THD, que ce soit par FTTx ou 4G, que vous trouverez dans tout centre commercial avec une date de mise en service de 48 ou 72 heures et un tarif que j'ai honte de citer pour ne pas pas casser l'ambiance !

    Tant que l'Etat ne fixera pas le calendrier d'extinction du cuivre, Orange et son associé Free n'auront absolument aucun intérêt à pousser la FTTH, le cuivre leur rapporte infiniment plus. Free aura eu le mérite d'essayer le modèle FTTH p2p pour s'apercevoir un peu tard que les consultants avaient raison de prévoir un gouffre financier... 8) Mais les financiers ne peuvent tout simplement pas octroyer des crédits peu rentables par les temps qui courent.

    Il y a aussi eu un aveuglement très franchouillard sur le mythe d'une solution miracle FTTH. Or c'est absurde, car même dans des pays comparables au nôtre, la FTTH a une part de marché minoritaire dans les réseaux pour les particuliers. La FTTB est très largement dominante et c'est exactement ce qui se passe en France, avec les accords de plus en plus nombreux signés par Numericable avec des RIP. La FTTH est tout simplement trop chère et les économies d'échelle n'y changent pas grand chose.

    Enfin, le bon sens : il est stupide de sauter sur sa chaise pour réclamer des débits inutiles, réflexe gâteux du début des années 2000 où l'offre était débile. A la différence du duo infernal Orange Free qui prône l'acharnement thérapeutique pour le cuivre, on trouve aussi de plus en plus de partisans de solutions ni cuivre ni fibre, comme aux Pays-Bas :
    "Ziggo provides analog & digital cable television, broadband Internet, and telephone services in Netherlands. They plan to use the study conducted by Consumentenbond, a consumer organization to reinforce their claims in favor of legacy cables and why subscribers do not need to run behind optical fibers. They say cable providers can provide Docsis 3.3 download speeds up to 150 Mbps"

    Source: http://www.fiberopticmania.com/pages/details/606?sthash.0Bn8dpQP.mjjo&goback=%2Egde_1041687_member_255127157#sthash.0Bn8dpQP.u9K90iSU.dpuf

    Comment peut-on écrire que Free n'a pas nui à l'investissement, alors que son projet initial FTTH prévoyait une première tranche de 1,2 milliards d'euros finalement arrêtée à 750 millions ? Et du côté du mobile, les perspectives de croissance sont mortes avec Free et aucun opérateur étranger n'est venu chez nous. Lamy n'a pas tort, mais Vodafone n'est pas Iliad.


    J'apprécie votre analyse, bien argumentée et avec des pointes de bon sens  ;)

  9. N'y a-t-il pas confusion entre  Free Mobile et les activités de câblage de  Free FAI?

    Free Mobile n'a pas nui à l'investissement clame l'ARCEP !

    Dans les pays, où il n'y avait pas de réseau téléphonique filaire suffisamment développé, il y a déjà depuis des années des offres mobiles à des prix équivalents à notre téléphonie fixe.

  10. Kami78 a écrit :


    Enfin, le bon sens : il est stupide de sauter sur sa chaise pour réclamer des débits inutiles, réflexe gâteux du début des années 2000 où l'offre était débile. A la différence du duo infernal Orange Free qui prône l'acharnement thérapeutique pour le cuivre, on trouve aussi de plus en plus de partisans de solutions ni cuivre ni fibre, comme aux Pays-Bas :
    "Ziggo provides analog & digital cable television, broadband Internet, and telephone services in Netherlands. They plan to use the study conducted by Consumentenbond, a consumer organization to reinforce their claims in favor of legacy cables and why subscribers do not need to run behind optical fibers. They say cable providers can provide Docsis 3.3 download speeds up to 150 Mbps"



    Je ne suis pas tout a fait d'accord avec cette argumentation  ;)

    Tout d'abord en matière d'images , l ADSL fait moins bien que la TNT , qui fait elle même moins bien que le blu ray qui rappelons fêtera bientôt ses 10 ans. Certes dans les années 2000 on trouvait ca magique de recevoir la TV par le cuivre sur nos tubes cathodiques , mais de l'eau a coulé sous les ponts depuis ...
    La 4K va commencer a pointer le bout de son nez , alors que l'adsl ne permet déja pas le 1080P... comme la TNT va voir sa bande de fréquence amputée a cause du 700Mhz , on cumulera une autre génération de retard ...

    Ensuite concernant les débits , la encore se contenter de 1024K en upload c'est grotesque à l'heure du cloud , et de la décentralisation des données , là encore 1024K c’était plus que suffisant dans les années 2000 , sauf que nous sommes 13 ans après et que les usages ont nettement évolués.

    Concernant Ziggo qui est le numéricable des pays bas ( en deux fois plus cher ) je ne vois pas bien ou est la révolution ou la différence , sauf s'ils s’engagent a câbler 100% du territoire...

    A la limite il me semblerait plus judicieux de citer en exemple la Belgique ou le VDSL s'est accompagné de travaux conséquent au point que 80% de la population est couverte aujourd'hui...

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