“Cher Olivier” : la réponse sèche de Maxime Lombardini au patron de Bouygues Telecom

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Dans un courrier rendu public à la mi-janvier, Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, s’adressait au DG d’Iliad-Free, Maxime Lombardini, pour lui proposer son aide au déploiement du réseau mobile. En filigrane, il accusait surtout le nouvel entrant de ne pas déployer assez vite pour respecter ses impératifs de couverture…

La réponse cinglante de Maxime Lombardini ne se sera pas fait attendre longtemps. Là encore, si le ton est courtois et la politesse est de mise, les accusations ne tardent pas à voler.

Free Mobile : 2000 nouveaux sites en 2014

Accusé sur la vitesse de son déploiement, le DG d’Iliad se veut rassurant : « nous exploitons déjà plus de 2500 sites mobiles, auxquels s’ajouteront d’ici la fin d’année environ 2000 sites en cours de production ». De quoi respecter la prochaine échéance d’obligation de couverture, fixée à 75% de la population début 2015, promet-il.

Bouygues, mal placé pour critiquer ?

Plus agressif, M. Lombardini s’en prend ensuite à la stratégie d’investissement du groupe Bouygues. « Tout le monde sait que Bouygues Télécom n’a pas été capable en son temps de respecter son premier jalon réglementaire de déploiement 3G pourtant peu ambitieux », assène-t-il. Et de rappeler que Bouygues fait également preuve d’un investissement minimaliste sur les réseaux fixes : « votre dégroupage se limite aux 630 plus gros répartiteurs, moins coûteux et faciles d’accès, et vous préférez vous installer sur le réseau du câble plutôt que de vous engager (…) pour installer le FTTH sur le territoire ».

Plus généralement, il dénonce les priorités de Bouygues, dont les finances seraient plus accaparées par les versements de dividendes aux actionnaires qu’à son propre réseau. « La quasi-totalité des profits du groupe [Iliad] a été affectée depuis dix ans au déploiement de nos infrastructures, plutôt qu’aux versements de dividendes ou aux rachats d’actions et nous entendons poursuivre dans cette voie. Notre stratégie est en cela bien différente de celle de votre entreprise », attaque-t-il, tableau à l’appui :


Mutualisation Bouygues-SFR : Free veut toujours en être

Il termine en réaffirmant la volonté de Free d’être inclus aux discussions entre Bouygues Télécom et SFR, sur la possibilité d’une mutualisation des réseaux mobiles, pour « limiter les effets d’éviction » qu’un tel accord à deux têtes pourrait avoir sur Free Mobile. Là encore, la perspective d’un recours en cas de refus est clairement sous-entendue…

« Nous avons adressé à l’automne une demande formelle d’accueil en RAN sharing à Bouygues Télécom et SFR. Vos réponses (…) arguaient de la complexité des discussions en cours pour repousser sine die l’ouverture d’éventuelles discussions avec Free Mobile. J’espère qu’il ne s’agit pas d’une posture commune visant simplement à nous exclure de vos discussions. (…) Je vous réitère donc notre demande »

La lettre, dans son intégralité

Retrouvez enfin la lettre, initialement publiée par Les Échos, dans sa pleine longueur (4 pages) :

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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