Vivendi va examiner l’offre de Bouygues, malgré les risques juridiques

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Les Feux de l’Amour

Le rachat de SFR finira-t-il devant les tribunaux ? Le risque, évoqué ce jour dans les colonnes du Figaro, est de plus en plus présent tandis que le groupe Vivendi confirme examiner la nouvelle offre soumise par Bouygues, malgré sa période d’exclusivités signée avec Altice (Numericable).

Cela sonne comme le résumé d’un mauvais feuilleton mettant en scène un triangle amoureux. En phase de négociations exclusives jusqu’au 4 avril avec Altice, Vivendi se doit de rester très prudent. Deux consultations juridiques, demandées par le groupe, lui confirment qu’une rupture de cette exclusivité serait bien illégale.

Et pourtant… les beaux yeux de Bouygues forcent Vivendi à détourner le regard de sa promise. Martin Bouygues, dans le rôle du tentateur, a écrit au président du conseil de surveillance de Vivendi, Jean-René Fourtou, et au président du directoire, Jean-François Dubos, pour lui faire part de l’analyse juridique de son groupe : selon lui, le dépôt de sa nouvelle offre constituerait un élément de nature à rendre caduque l’exclusivité négociée avec Numericable, et libérerait donc Vivendi de ses obligations.

La réponse de Vivendi est tout en fines contradictions : le groupe confirme qu’il va examiner l’offre de Bouygues, « avec toute la rigueur nécessaire », tout en insistant sur son respect d’une « application stricte » de la clause de confidentialité le liant à Altice. Ainsi, seul le management de Vivendi sera autorisé à se pencher sur le dossier de Bouygues, sans aucun échange avec ce dernier — puisque cela s’apparenterait à des négociations.

Plusieurs scénarios sont désormais à envisager pour le futur de SFR : soit Numericable améliore suffisamment son offre avant le 4 avril et parvient à finaliser l’accord à temps pour ne pas être inquiété. Quitte à négocier une prolongation de la période d’exclusivités avec Vivendi. Soit, et c’est une perspective de plus en plus probable, Vivendi réunira le conseil sitôt la période d’exclusivité achevée, le 4 avril, pour examiner les deux offres et trancher une fois pour toutes en faveur de l’une ou de l’autre.

Une chose est sûre : quelle que soit la solution retenue, Vivendi marche sur des œufs. Alors que l’entourage de Patrick Drahi (Numericable) le décrit comme « serein » dans cette affaire, en interne, le groupe Altice évaluerait d’ores et déjà ses possibilités de recours en justice si le rachat devait finalement tourner en sa défaveur.

Source : Le Figaro

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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