SFR joue au chantage à l’emploi contre les fréquences 4G recyclées

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SFR ne voit pas d’un bon œil la réallocation d’anciennes licences 2G en 4G, au profit de Bouygues Telecom, qui récupérerait ainsi des fréquences supplémentaires. Et il le fait savoir.

Stéphane Roussel, PDG de SFR, résume son opposition en quelques phrases, dans ce qui s’apparente fort à du chantage à l’emploi. « J’ai écrit avant Noël au président du régulateur et au Premier ministre. Si Bouygues Telecom obtient les fréquences en 1.800 MHz en 2013 , alors cela entraînera la destruction de 5.000 emplois dans l’écosystème SFR », explique-t-il dans des propos rapportés par Les Échos. Si Bouygues obtient gain de cause un an plus tard, en 2014, alors 3000 emplois seront supprimés, continue à affirmer SFR.

Sur le recyclage des fréquences 1800 MHz, Bouygues Telecom se retrouve ainsi bien isolé, puisqu’il se frotte à l’opposition de l’ensemble de ses concurrents direct — Orange, SFR et Free. Orange comme SFR ne souhaitent pas qu’un opérateur, qui n’a pas décroché de licence aux enchères sur cette gamme de fréquences, puisse finalement y obtenir un accès alors qu’eux ont du dépenser près d’un milliard d’euros pour cela.

Néanmoins, le discours de SFR en forme de chantage a le don d’agacer, y compris au sein du gouvernement : « ce type de chantage de boutiquier n’est pas reluisant pour celui qui l’exerce. D’autant que SFR reste une entreprise rentable », fait savoir un proche du gouvernement. On retrouve le même ton chez Bouygues Telecom : « l’arrivée d’un quatrième opérateur entraîne la destruction d’un millier d’emplois chez SFR et la réallocation de licences pour un opérateur qui ne pèse que 17 % du marché aboutirait à 5.000 suppressions de postes… », ironise l’opérateur.

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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