Les résultats du réseau vus comme une “honte” chez SFR

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Deux rapports de l’Arcep, sur la qualité de service puis sur la couverture mobile, ne sont pas tendres avec SFR. L’opérateur au carré rouge y est régulièrement bon troisième, loin derrière Orange et Bouygues, et quasiment à jeu égal avec Free Mobile, le nouvel arrivant sur le marché.

L’exemple de la 4G est significatif. Tandis que Bouygues et Orange revendiquent respectivement 70 % et 66 % de couverture de la population, SFR a été recadré par le régulateur pour ses cartes de couverture jugées trop optimistes, et affiche finalement un taux de couverture de seulement 30 % de la population, pas très loin devant Free Mobile (24 %). Des résultats mal vécus par les équipes de l’opérateur au carré rouge…

« Les équipes réseaux sont mal à l’aise après avoir vendu à leurs collègues que SFR est le réseau n°1, un réseau “premium”. Vis-à-vis de l’extérieur, les équipes réseaux ont carrément honte et vivent ces résultats comme une humiliation », expliquent les représentants CFDT de l’opérateur en comité d’entreprise. La perte de la deuxième place du podium, au profit de Bouygues Telecom, choque les salariés qui y voient le signe d’une « dégringolade continue depuis 5 ans ». Après l’arrivée de Free Mobile, la direction a choisi de mettre la qualité du réseau au second plan : « maintenant SFR fait de la sous-qualité », dénonce le syndicat.

L’Arcep n’est pas seule à exprimer cette tendance. Depuis de nombreux mois, SFR affiche des résultats en berne au sein de plusieurs baromètres. Ainsi, il est régulièrement dernier des mesures effectuées au sein du baromètre 4G Monitor, publié par 4Gmark et relayé dans nos colonnes.

L’impact est tout aussi nocif pour l’image de l’opérateur auprès du grand public que côté entreprises. Les équipes de SFR Business Team en sont réduites à proposer « des réductions à tout-va » pour éviter le départ massif de leurs abonnés vers Orange Business Services.

Le nouveau propriétaire, Numericable, va avoir du travail pour inverser la tendance.

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

8 commentaires

  1. Qu'il y connaisse quelque chose ou rien en technique, rapporter des avis (certainement subjectifs certes) en interne, croisé avec les rapports de l'ARCEP, c'est effectivement assez symptomatique.
    Cependant, il ne faut pas non plus tomber des nues, on sait depuis pas mal de temps que SFR a déployé très peu d'antennes par rapport à Orange ou BT.
    C'est certainement l'acteur qui a eu le plus à perdre de l'accord d'exploitation de la LTE sur la bande des 1800 MHz... Un joli coup de poker de la part de BT.

  2. SFR a quasiment laisser tomber le mobile ces dernières années .... rien que pour la 4G c'est limite au niveau déploiement.
    Et d'un autre côté, au niveau fibre ils sont plutôt bon, avec des ping très faible (meilleure qu'Orange) une qualité d'image tv sur la fibre (HD+).
    Donc c'est un peu étrange, et faut espérer que ça bouge car sinon c'est SFR/Numericable qui vont avoir du mal.

  3. Celui qui devrait avoir honte c'est plutôt le pédégé JY Charlier qui reste fidèle a sa stratégie depuis son arrivé au sein du groupe : faire le dos rond attendre que ça se passe , et ne surtout pas bouger.

  4. Avant le rachat par Numéricable, sur les mois ou années précédents le rachat, y-avait-il encore un capitaine au commande du navire SFR ?
    Les grosses boites, c'est comme les pétroliers, ça continue sur une lancée même sans personne à la barre mais ce n'est pas bon pour l'avenir à long terme. Surtout dans la mer agitée de la concurrence à quatre.
    Et vu les envies de désengagements de Martin B. (ou plutôt de faire du cash de tout bois), je me demande si BT n'est pas dans la même situation que SFR avant son rachat... on ne voit rien, mais le réveil pourrait être douloureux.

  5. Et c'est là que se pose la question des fameuses "zones prioritaires" en 4G 800MHz, et de Free qui devait devenir "hôte" du réseau SFR sur cette bande des 800MHz. Un coup à ce que dans l'hypothèse de la poursuite du jeu de massacre à 4 opérateurs, Free demande son hébergement rémunéré non pas à SFR, mais à nouveau à Orange...
    A moins que ce jeu de massacre finisse par faire non pas une, mais 2 victimes, faute d'avoir su "gérer" et mettre en place les évolutions nécessaires et surtout une gestion d'entreprise stricte et innovante, en lieu et place d'avoir reconduit le modèle économique du grand groupe historique, fort d'un marché historique assez rémunérateur, et surtout assez avisé pour avoir engagé des réformes structurelles sensibles, ceci depuis plusieurs années,  complétées par des ressources constituées par un marché professionnel historiquement "fidèle", aidé par un marketing agressif...
    En résumé, Orange s'en sortira, mais qu'en sera-t-il de SFR-Cablo et de ByT...; on est en droit de se poser la question.
    Quant à Free, l'extrême prudence de ses investissements, liés à une gestion spartiate lui permettra probablement de passer les échéances de couverture au "raz des pâquerettes", et de continuer son petit bonhomme de chemin...
    On est également en droit de se poser la question de la fiabilité des résultats et perspectives SFR présentées par Vivendi pour l'acquisition par NC, et si l'acquéreur n'aurait pas été "drahi"... ;)

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