Fusion SFR-Numericable : l’Autorité de concurrence fait part de “doutes sérieux”

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L’Autorité de la concurrence s’est penchée sur le dossier du rachat de SFR par Numericable, sur lequel elle est amenée à se prononcer.

Dans un avis rendu ce mercredi, le gendarme concurrentiel indique que « dans le cadre de son examen du dossier, et à la suite d’une première consultation des acteurs du marché, l’Autorité considère que l’opération soulève des doutes sérieux d’entraves à la concurrence ».

Relativement fréquents pour une opération de cet ampleur, les doutes entraînent l’Autorité à ouvrir un examen approfondi du dossier. Cette nouvelle phase pourrait durer, en principe, jusqu’à 65 jours ouvrés, à moins qu’une extension de ce délai ne soit nécessaire.

Cette période d’examen approfondi permettra à l’Autorité de recueillir l’avis de plusieurs spécialistes du secteur, notamment l’ARCEP (Autorité de régulation des télécoms) et le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel). D’autres acteurs du marché pourraient aussi être consultés, afin d’apporter leur point de vue et leurs solutions sur « d’éventuelles atteintes à la concurrence ».

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

11 commentaires

  1. Etrange,
    un peu comme s'ils se déclaraient incompétents en matière de télécoms.
    j'espère qu'ils ne sont pas payés trop cher pour fournir des avis comme ça.

  2. brupala a écrit :

    Etrange,
    un peu comme s'ils se déclaraient incompétents en matière de télécoms.
    j'espère qu'ils ne sont pas payés trop cher pour fournir des avis comme ça.

    Ce n'est pas comme cela qu'il faut comprendre cette annonce.

    D'abord, l’Autorité de la concurrence est un juge, qui cherche à savoir si les règles de concurrence ont été et seront respectées. Et comme tout juge, on lui demande seulement d'avoir des compétences en droit. Il n'a pas vocation à avoir des compétences particulières en télécom, parfumerie, boucherie, plomberie ou haute couture.

    Il interroge donc chaque partie, chaque témoin qu'il souhaite entendre, fait appel si nécessaire à des experts pour se forger son intime conviction et juger en droit et uniquement en droit.

    Ici, il semble qu'il trouve que la transaction ne soit pas parfaitement limpide, il annonce donc qu'il va creuser le sujet.

    En clair, rien de plus normal qu'une institution qui fait son boulot.

  3. Tu confonds avec l'enquête de l'amf. L'autorité de la concurrence, comme son nom l'indique, va s'attacher à faire que cette transaction n'aboutisse pas à des concentrations trop importantes ou des abus de position dominante en économie.
    Par exemple, la fusion SFR/Numericable pose des problèmes au niveau des bouquets TV vendus (accord vivendi et vivendi toujours actionnaire de la nouvelle société), des problèmes de monopole avec le câble, des problèmes de position dominante dans certains DOM (mobile et fixe).

    C'est tout cela que va maintenant examiner l'adlc et elle proposera des solutions/recommandations pour amoindrir ces effets, voir obliger à vendre des actifs ou carrément interdire la vente.

  4. Les entraves à la concurrence seront nettement moindres qu'en cas de rachat de SFR par Bouygues pourtant soutenu par le gouvernement. L'autorité de la concurrence aurait du mieux faire son travail avant, quand les opérateurs multipliaient librement leurs tarifs entre 5 et 1000 par rapport à leurs prix de revient.

  5. arpa463x a écrit :

    Les entraves à la concurrence seront nettement moindres qu'en cas de rachat de SFR par Bouygues pourtant soutenu par le gouvernement. L'autorité de la concurrence aurait du mieux faire son travail avant, quand les opérateurs multipliaient librement leurs tarifs entre 5 et 1000 par rapport à leurs prix de revient.


    L'autorité de la concurrence n'a aucune compétence à fixer les prix en France dans quelques domaines économiques que ce soit. Elle a principalement autorité pour autoriser ou non des concentrations de société qui pourraient freiner la libre concurrence.

    Elle est consultée régulièrement par le gouvernement pour trouver des solutions pour animer des marchés sclérosés. Elle peut même s'auto-saisir de sujet et pondre des rapports, mais au final, ce sera aux politiques de trancher si ils légifèrent et adoptent les solutions préconisées.

  6. Arnaut78 a écrit :

    L'autorité de la concurrence n'a aucune compétence à fixer les prix en France dans quelques domaines économiques que ce soit. Elle a principalement autorité pour autoriser ou non des concentrations de société qui pourraient freiner la libre concurrence.

    Elle ne fixe pas les prix mais elle veille à ce que le conditions de la concurrence libre soient réunies. Quand les sociétés font monter les prix à 1000 fois au dessus de leur prix de revient, il est évident que la libre concurrence est altérée et qu'il y a une situation d'oligopole ou un cartel qui fixe les prix. L'autorité de la concurrence doit alors casser ce cartel (on demande pas de fixer les prix). Or c'est Free qui a déstabilise et cassé le cartel des opérateurs, pas l'autorité de la concurrence.

  7. Belteg a écrit :

    Ce n'est pas comme cela qu'il faut comprendre cette annonce.

    D'abord, l’Autorité de la concurrence est un juge, qui cherche à savoir si les règles de concurrence ont été et seront respectées. Et comme tout juge, on lui demande seulement d'avoir des compétences en droit. Il n'a pas vocation à avoir des compétences particulières en télécom, parfumerie, boucherie, plomberie ou haute couture.

    Il interroge donc chaque partie, chaque témoin qu'il souhaite entendre, fait appel si nécessaire à des experts pour se forger son intime conviction et juger en droit et uniquement en droit.

    Ici, il semble qu'il trouve que la transaction ne soit pas parfaitement limpide, il annonce donc qu'il va creuser le sujet.

    En clair, rien de plus normal qu'une institution qui fait son boulot.

    Alors pourquoi demandent t-ils une rallonge budgétaire pour une enquête qu' ils auraient dû faire avant de rendre un avis pour juste dire qu'ils ont des doutes, tout le monde peut en faire autant.
    Ou alors ils disent carrément qu'ils ne sont pas  payés assez cher.
    Mais c'est sans doute le moyen dans ce monde d'exprimer des moyens trop faibles à leur goût.
    Je ne leur demande pas d'avoir des compétences en télécoms, mais de s'adresser directement à ceux qui en ont avant d'exprimer leurs "doutes".

  8. Désintox a écrit :

    Pour le multiplicande 1000 vous avez un exemple concret ou c'est de l’exagération pure et simple.


    Faudrait aller voir du coté du prix du SMS, entre le prix de revient et le prix vendu dans certaines offres (à l'époque).

  9. Forgeron a écrit :

    Faudrait aller voir du coté du prix du SMS, entre le prix de revient et le prix vendu dans certaines offres (à l'époque).


    ... tout en n'omettant pas de prendre en compte l'investissement initial d'un réseau et d'une couverture radio, lesquels permettent ensuite d'avoir un prix coutant modeste pour les SMS.  ;)

    Un SMS-C (serveur de SMS) coute environ 100 K€, ce qui est négligeable même s'il en faut plusieurs. Tandis qu'une couverture radio qui couvre 95% de la population française métropolitaine coute environ 5 milliards d'€ (ab-initio, pour un opérateur qui doit déployer des sites relais-radio).
    En effet, l'investissement le plus lourd pour un opérateur de téléphonie mobile n'est pas le matériel constitutif du réseau mobile, mais le cout de déploiement des sites (environ 150 à 450 k€ par site, selon les emplacements géographiques, puis environ 10 à 50 k€ de frais de fonctionnement par site et par an).

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