Bouygues Telecom et SFR souhaitent mettre une partie de leurs réseaux en commun

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Bouygues Telecom et SFR viennent d’annoncer, dans un communiqué de presse commun, qu’ils rentraient en phase de négociations exclusives avec, pour objectif, un accord de mutualisation d’une partie de leurs réseaux mobiles avant la fin de l’année.

Cette nouvelle d’importance devrait permettre aux deux opérateurs de faire front commun tout en limitant leurs investissements. Ni l’un ni l’autre ne cachent leurs difficultés suite à l’arrivée de Free Mobile sur le marché — leur communiqué évoque un « secteur des télécommunications affecté par des mutations profondes ». Une mutualisation partielle de leurs réseaux serait un moyen de renforcer la qualité de service proposée à leurs clients, y compris potentiellement sur la bataille à venir de la 4G.

L’accord n’est pas encore précisément défini et les deux groupes sont toujours en négociations. Au terme des discussions, le contenu de l’accord sera soumis à l’approbation des instances représentatives du personnel des deux opérateurs, ainsi qu’à l’examen des régulateurs nationaux (l’Autorité de la concurrence et l’ARCEP).

Retrouvez ci-dessous le communiqué publié par SFR et Bouygues Télécom dans son intégralité :

BOUYGUES TELECOM ET SFR ENTRENT EN NÉGOCIATIONS EXCLUSIVES
POUR PARTAGER UNE PARTIE DE LEURS RÉSEAUX MOBILES

Bouygues Telecom et SFR annoncent qu’à l’issue de discussions préliminaires, elles sont convenues d’entamer des négociations exclusives dont l’objet est d’aboutir à un accord de mutualisation d’une partie de leurs réseaux mobiles.

L’ambition des deux opérateurs est d’offrir à leurs clients respectifs la meilleure couverture géographique et la meilleure qualité de service. Bouygues Telecom et SFR se donneraient ainsi les moyens de figurer parmi les acteurs incontournables de la modernisation de l’économie numérique en France.

Si le secteur des télécommunications est affecté par des mutations profondes, l’explosion de nouveaux usages et du trafic de données offre aux opérateurs une opportunité de recréer de la valeur. Dans ce contexte, Bouygues Telecom et SFR souhaitent relever le défi que représente l’investissement dans les réseaux à très haut débit.

La mutualisation envisagée par Bouygues Telecom et SFR d’une partie de leurs réseaux mobiles, serait comparable à des dispositifs du même type déjà mis en œuvre dans d’autres pays européens. Chaque opérateur conserverait une capacité d’innovation autonome et une indépendance commerciale totale.

Bouygues Telecom et SFR souhaitent conclure avant la fin de l’année cet accord stratégique qui sera préalablement soumis à l’avis des instances représentatives du personnel des deux sociétés et à l’examen de l’Autorité de la concurrence et de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes.

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

11 commentaires

  1. Les négociations pour une mutualisation partielle entre les réseaux de B-T et de SFR ont commencé il y a environ trois ans.
    A l'époque ça portait sur la mutualisation, en 4G LTE à 800 MHz, de 8000 sites en commun.


  2. et avant que tous les fantasmes des uns et des autres ne produisent des écrits hors de propos, je pense qu'il est préférable que chacun lise l'avis de l'autorité de la concurrence sur le sujet.

    http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/standard.php?id_rub=482&id_article=2061

    Leur accord, si il y a, devra être validé par cette autorité et par l'arcep.

    Zones peu denses ou zones de déploiement prioritaire (ZDP)[/b]
    Dans ces zones, et sous réserve d'un examen détaillé au cas par cas qui restera toujours nécessaire, l'Autorité de la concurrence n'exclut a priori aucun type de mutualisation. Elle considère cependant que les accords de partage de fréquences devraient être étudiés avec une attention particulière.
    Zones denses
    Les zones denses sont le terrain naturel sur lequel plusieurs opérateurs peuvent se déployer simultanément et indépendamment de manière rentable. La mutualisation d'installations passives comporte peu de risques concurrentiels puisqu'elle nécessite peu d'échanges d'informations et ne compromet nullement la capacité des opérateurs à se différencier. Elle ne présente donc pas de difficultés particulières.

    Le partage de fréquences qui enlève toute capacité de différenciation entre partenaires remettrait en cause le principe de concurrence par les infrastructures et suscite de très fortes réserves de la part de l'Autorité.

    La mutualisation d'infrastructures actives ou RAN sharing - qui laisse aux opérateurs la possibilité de se  différencier – suppose l'échange d'informations sensibles : elle doit être encadrée et en tout état de cause limitée. Elle paraît risquée dans les zones très denses, dans lesquelles la mutualisation exige des échanges d'informations riches et fréquents sur la consommation des abonnés pour dimensionner correctement le réseau. Elle l'est vraisemblablement moins dans les zones « semi-denses », dans lesquelles des échanges d'informations aussi précises ne sont pas indispensables pour déployer un réseau commun.
    L'itinérance dont bénéficie Free a permis d'animer la concurrence dès son entrée sur le marché. Elle doit cependant être bornée dans le temps.
    ...


  3. Arnaut78 a écrit :

    et avant que tous les fantasmes des uns et des autres ne produisent des écrits hors de propos, je pense qu'il est préférable que chacun lise l'avis de l'autorité de la concurrence sur le sujet.

    http://www.autoritedelaconcurrence.fr/user/standard.php?id_rub=482&id_article=2061

    Leur accord, si il y a, devra être validé par cette autorité et par l'arcep.


    Les négos en cours respectent ce cadre (Autorité de la Concurrence et ARCEP):



    Les négociations entre SFR et B-T sur la mutualisation d'une partie de leurs réseaux concernent essentiellement la couverture, sous 800 MHz 4G LTE, des Zones Prioritaires (définies dans les Licences 4G LTE à 800 MHz, voir ARCEP).

    En effet, ces Zones Prioritaires, qui visent contractuellement à couvrir 18% de la population française métropolitaine répartie sur 62% du territoire ne seront pas facilement rentables. Certaines de ces 22.708 communes ont à peine 200 habitants !!

    D'où la tentative de mettre en commun environ 8000 sites (SFR et B-T), et se répartir certains travaux de Génie Civil (fibrages, ...)

  4. De toute évidence, c'est la piste à privilégier pour les zones peu denses... Il est à noter que certains départements ayant déposé des SDTAN  appuient très fortement pour cette mutualisation, en étant prêts entre autres à participer à des travaux de génie civil pour amener la fibre au pied des antennes, dans le cadre d'un certain "désenclavement numérique" à l'aide de la 4G pour les lieux les plus isolés...

  5. Fansat70 a écrit :

    De toute évidence, c'est la piste à privilégier pour les zones peu denses... Il est à noter que certains départements ayant déposé des SDTAN  appuient très fortement pour cette mutualisation, en étant prêts entre autres à participer à des travaux de génie civil pour amener la fibre au pied des antennes, dans le cadre d'un certain "désenclavement numérique" à l'aide de la 4G pour les lieux les plus isolés...


    De plus, ça sert aussi à compenser le déploiement inachevé du RAN Sharing (Zones Blanches 3G) ... car couvrir les zones où s'exercent le RAN Sharing coute moins cher en 4G LTE, surtout à 800 MHz ! D'une pierre deux coups  ;)

  6. Sans parler de la possible (relative) baisse d'ondes émises (non pas qu'on arrivera à diviser par deux, mais cela devrait quand même avoir un impact sur les zones moyennement dense qui auraient été déployées par les deux opérateurs).

    Sinon, free ne bénéficie toujours pas des accords en zone blanche, quelqu'un sait si il y a pourparlers à ce sujet?

  7. F-contact, c'est NIET.
    Moran, il est prévu qu'il y participe financièrement, puis matériellement si je me souviens bien. Par contre je ne sais pas si cela lui ouvre droit pour l'instant à l'infrastructure 3G en Ran sharing.

  8. Joearchi a écrit :

    Sans parler de la possible (relative) baisse d'ondes émises (non pas qu'on arrivera à diviser par deux, mais cela devrait quand même avoir un impact sur les zones moyennement dense qui auraient été déployées par les deux opérateurs).

    Sinon, free ne bénéficie toujours pas des accords en zone blanche, quelqu'un sait si il y a pourparlers à ce sujet?


    Non, aucun. Et X.N. a fait des déclarations --pour une fois-- limpides en ce sens: Freemobile ne couvrira pas les Zones Blanches 2G.
    http://www.freemobileactu.com/2012/06/11/si-vous-connaissez-des-personnes-habitants-dans-ces-zones-blanches-il-vaut-mieux-leur-dire-de-ne-pas-venir-chez-free-mobile/

    La raison en est le prix à payer, versus la rentabilité quasi nulle. Et l'ARCEP ne l'y oblige pas ...

    Si vous regardez comment le déploiement des Z.B. 2G a été financé, vous comprendrez facilement qu'il a fallut "convaincre" énergiquement (et financièrement) les trois MNO pour qu'ils y aillent  ;)

    Cela dit, si Freemobile demande l'attribution de fréquences 1800 MHz à partir d'octobre, et si c'est pour faire de la 2G comme Freemobile l'avait susurré, cette affaire de Z.B. 2G pourrait évoluer ...

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