Bouygues pris en flagrant délit de bridage de connexion 3G

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Ça va couper, chérie

Ce n’est un secret pour personne, les offres data proposées par nos opérateurs mobiles sont généralement truffées de limitations arbitraires empêchant un accès complet à Internet. Un blogueur a tenu à démontrer l’existence de tels bridages sur une connexion 3G Bouygues Telecom

L’accès vendu en tant qu’« Internet illimité » sur les réseaux mobiles ne propose que rarement une connectivité correcte. Au-delà des usages effectivement interdits dans les Conditions Générales de Vente, que le client peut lire dès son inscription et accepter en toute connaissance de cause, les opérateurs mettent en place de nombreuses restrictions cachées sur lesquelles il n’existe aucune documentation officielle, obligeant généralement à se renseigner auprès de la communauté d’utilisateurs pour savoir si tel ou tel usage est possible…

Alexis Bezverkhyy, un étudiant et blogueur, a mis en ligne sur son site Grapsus.net une démonstration dans laquelle il met en évidence un bridage totalement injustifié sur une connexion 3G Bouygues Telecom.

Titillé par l’impossibilité de lire la plupart des contenus vidéo Flash disponibles en ligne, celui-ci a mené quelques tests avec des fichiers de son propre cru, pour voir d’où provenait l’erreur.

Après quelques tentatives, il s’avère que Bouygues bloque purement et simplement, sans en avertir le client, tout contenu détecté en tant que fichier vidéo Flash (de type MIME video/x-flv) dépassant 10 Mo. Un faux fichier vidéo de seulement quelques octets se téléchargera sans problèmes, mais au-delà de 10 Mo, le proxy transparent de Bouygues Telecom renverra systématiquement une erreur HTTP (403 Forbidden)… logs du serveur à l’appui !


Plus gênant encore, une autre rapide démonstration prouvera que Bouygues coupe, sans autre forme de procès, toute connexion TCP atteignant 10 Mo de volume reçu.

Publiée à l’origine en avril 2011, ce billet de blog poussera Bouygues Telecom à modifier ses « Conditions Générales de Service » en mai, afin d’y faire figurer une mention de cette limitation à 10 Mo. Alexis remarque que ce changement a été effectué dans la plus complète discrétion, sans que le client en soit informé. Il constate également que la limitation concerne tous les abonnés, y compris ceux ayant accepté une version des CGS bien avant mai 2011.

Par delà les pratiques douteuses, le blogueur en conclut que ce qui est vendu sous la dénomination de forfait “Internet” mobile n’est bien souvent qu’une connexion bridée, limitée et indirecte n’ayant pas grand-chose à voir avec le réseau des réseaux…

Chez Bouygues comme ses concurrents, le bilan semble rester sensiblement le même et les associations de consommateurs, telles l’UFC-Que Choisir, ne semblent pas déterminées à se saisir du dossier. L’arrivée de Free Mobile sur le marché, d’ici quelques mois, pourra-t-elle enfin changer la donne ?

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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