À mots couverts, Bouygues pense que Free n’atteindra pas son impératif de couverture

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Dans une lettre adressée directement à Maxime Lombardini, DG du groupe Iliad (Free), Olivier Roussat, PDG de Bouygues Telecom, réitère une proposition d’aide au déploiement d’antennes… non sans sous-entendre, à mots couverts, que Free Mobile aurait bien du mal à atteindre son prochain impératif de couverture 3G.

Ce courrier d’apparence très courtois, joint en copie à Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin et aux Autorités des télécoms et de la concurrence, met l’accent sur le déploiement jugé difficile du réseau 3G de Free Mobile.

Dès le premier paragraphe, il est rappelé que Free doit atteindre un taux de couverture de 75% de la population d’ici un an (le 12 janvier 2015), conformément à sa licence 3G. Bouygues Telecom se propose d’aider Free à accélérer le déploiement de son réseau, moyennant finances ; à date, l’opérateur constate que ses multiples propositions sont majoritairement restées lettre morte, même si un accord portant sur un nombre limité de sites (670 environ) a bien été conclu entre les deux acteurs.

Olivier Roussat constate que la « trajectoire d’investissement » prise par Free Mobile ne lui semble pas suffisante pour respecter ses obligations de couverture d’ici l’année prochaine ; il estime que les 75% à atteindre par Free Mobile nécessitent environ 6000 sites. Or, Free en est encore loin, avec 2450 emplacements activés en 3G à l’heure actuelle…

En filigrane, Free Mobile est accusé de ne pas investir suffisamment dans le déploiement de son réseau et de se reposer sur son accord d’itinérance avec Orange. À mots voilés, Bouygues Telecom se montre critique à la fois envers Free et envers l’ARCEP, Autorité de régulation des télécoms. La lettre sonne comme un avertissement : l’opérateur enjoint en réalité Free Mobile à accélérer la vitesse de déploiement de son réseau pour respecter ses engagements de couverture en temps et en heure — faute de quoi on suppose qu’il dénoncera le retard de Free.

De son côté, Free Mobile estime pouvoir respecter ses obligations de couverture avec beaucoup moins que 6000 sites, chiffre qu’il avait pourtant lui-même évoqué dans ses premières prédictions en mars 2012.

La lettre, publiée par les Échos, peut être consultée dans son intégralité :

Source : Les Échos

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

71 commentaires

  1. Quelle mauvaise foi... le mec, à la fin de la lettre fait un reproche sur le fait que leur accord a été rendu public.
    Mais QUI a prétendu tenir la main à Free pour déployer ses antennes ? Il font les malins qui aident et à la première occasion, il le reproche.

  2. Je pense que BT veut forcer Free à avoir des coûts d'exploitation plus élevé pour le forcer à relever ses prix, car il est bien beau de dire qu'il y a des sites disponibles, si on n'en précise pas les coûts.
    Free pourrait avoir fait le choix délibéré d'être en retard si cela lui est + profitable.

  3. Bah, Bouygues essaye du FUD c'est tout.
    D'ailleurs, il y a un gros mensonge : "l'hypothèse raisonnable [est] que il faudrait à Free environ le même nombre de site qu'il en a fallu à Bouygues".
    Non, il en faudra environ 2 fois moins.
    Explication : Bouygues à atteint les 75% de couverture en mai 2009, or jusqu'à fin 2008 Bouygues a construit son réseau 3G uniquement avec des antennes 2100MHz, lesquelles couvrent une surface 2 fois plus faible que les antennes 900MHz.

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