Y’a ma télé qu’a des ratés

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La Google TV est repoussée pour cause de dysfonctionnements. A quelques jours des premières livraisons des Freebox Revolution, quel est l’intérêt de cette TV connectée pour les Freenautes ?

Google aurait demandé aux fabricants de retarder la commercialisation de leurs modèles de TV connectées. Il leur aurait même été demandé de ne pas annoncer de nouveaux produits.

Prévu pour début 2011, le lancement de la Google TV est reporté selon une information publiée par le New York Times. Les premiers tests de TV connectées auraient mis en évidence de nombreux bugs et une instabilité du logiciel.

Les fabricants (Sharp, LG, Samsung, Sony…) devaient présenter leurs produits lors du CES de Las Vegas en janvier 2011.

La Freebox Revolution pourrait-elle représenter une alternative face à la Google TV ? A votre avis ?

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7 commentaires

  1. La grosse différence entre Google TV et la Freebox est "l'internet managé" ou la "neutralité du net". Le triple play est techniquement un MONO play : tout est de l'IP, c'est à dire du trafic de données qui suit les protocoles qui font internet. Le téléphone, c'est de l'VoIP, la télévision, c'est de la TVIP. Pour ces services spécifiquement identifiés par le FAI, il va y a voir un traitement NON NEUTRE de la part du FAI. Avec votre abonnement/box triple play, la VoIP fournie par votre FAI va être ULTRA prioritaire. Jamais un téléchargement important ou une vidéo ne vont couper la conversation. Le réseau est non NON NEUTRE sur cette connexion. Idem sur la télévision : dès que vous allumez votre Freebox HD, votre débit en téléchargement va chuter car la Freebox va prioriser le flux TV et donc être NON NEUTRE vis-à-vis de cette connexion. Dans les propositions de Free faites à l'ARCEP sur la neutralité du net, cette distinction entre "internet global", neutre et non filtré, et les "services managés", priorisés et gérés par le FAI, il y a une claire distinction. C'est surtout qu'il y a, pour le client, également une vraie différence : on attend que ce qui s'appelle "ligne téléphonique" se comporte comme tel et pas comme un service qu'il faille gérer soit même en concurrence de sa vidéo Youtube. Idem pour la TV : on ne veut pas que le but de la finale de la coupe du monde soit interrompu par un mail qui se télécharge. La télé marche. Point. A l'inverse, une conversation Skype peut couper à cause d'un gros torrent. Pour le FAI, la gestion de ces services managés est à la fois une source de coût, une source d'économie et une source de revenus. C'est une source de coût car pour la VOD, il y a un serveur hébergeant les vidéos dans chaque NRA. C'est une source d'économie, car les flux de télévisions sont mutualisés entre abonnés et ne sont transmis qu'une seule fois par NRA. Et c'est une source de revenu car une offre VOD qui marche bien interesse les clients et rapporte de l'argent. Pour avoir ces services managés, l'opérateur doit les mettre en place lui-même et trouver des accords avec les fournisseurs de contenu; ce qui implique généralement que ces derniers touchent une partie des revenus. A l'inverse, Google TV fonctionne sur la neutralité du net : n'importe qui n'importe où est capable de proposer du contenu. Google lui s'en fout et se contente d'afficher des pubs par dessus. Ils ne fournissent rien, à part la promesse d'un moteur de recherche qui permettra de mieux trouver du contenu qui nous interesse et une plateforme toute prête pour les fabricants de TV. Le prob c'est que cela ne tient pas compte de 2 types d'acteurs très important. Primo, les fournisseurs de contenu sont tenus à l'écart de la négociation. Ils ne touchent pas réellement de revenu supplémentaire alors que Google va en générer via ses pubs. Actuellement, les fournisseur mettent en ligne leur videos car le visionnage se fera essentiellement sur ordinateur et donc agira plus comme une pub pour ses contenus plus qu'une concurrence pour ses clients qui veulent le voir depuis leur canapé quite à payer pour ça (en location-VOD, achat-DVD ou abonnement). D'où les réactions quasi immédiates suite à la sortie de GoogleTV : de nombreuses chaines US ont bloqués les Google TV et les chaines françaises ont créé une structure collective l'interdisant. L'étape suivante pour le fournisseur consiste alors à créé une app pour Google TV qui permettra de vendre ces contenus directement sans avoir de pubs Google. Cela corrige le "problème" pour le fournisseur de contenu mais il reste un autre problème. Secundo, les FAIs ne sont pas content. Pour un FAI, internet, c'est bo, c'est bien, mais c'est le bordel. En théorie, la neutralité du net, c'est "tout le monde va pouvoir profiter d'internet". En pratique, c'est "Google représente 10% du trafic mondial et les autres doivent le gérer". Cela peut se résumé à : "la neutralité du net, c'est bien quand les volumes sont assez faibles mais quand les volumes explosent alors ils ne sont eux même plus neutre". Cela a de gros impacts sur la structure même du réseau de l'opérateur qui se trouve donc dans le paradoxe de devoir adapter son réseau à un cas particulier (donc ne plus être neutre) pour ne pas avoir à filtrer ce cas (c'est à dire rester neutre) : être neutre sans être neutre. To be or not to be. Au final, Google TV part d'une image simple mais bête qui dit : "ya ka récupérer ce qu'on trouve sur internet". Ca marche relativement bien à petite échelle mais quand on passe à la vitesse supérieure, on se rend compte que l'on marche sur les pieds des autres. Moralité, un service managé et ouvert sera toujours plus efficace que la neutralité du net. Pour les gros acteurs. Free propose une Freebox, fortement couplée à une offre de contenu géré par eux. Cette offre est ouverte à tout fournisseur de contenu qui veut bien se faire "héberger" par Free. Et cela ne bloque pas la neutralité du net qui - elle - est capable de supporter tout nouvel acteur qui va commencer petit. Quand cet acteur aura atteind une taille critique, alors il pourra passer en mode managé. Cette neutralité ne marche plus si les gros acteurs restent en mode "neutralité" car leur taille est telle que le réseau ne peut techniquement pas être neutre vis-a-vis d'eux.

  2. Par rapport à ce que tu dis AWAX ça existait déjà sur la v5 cette "non neutralité" sauf que c'est l'utilisateur qui pouvait choisir de paramètrer le mode PATATE, etc. selon ses priorités personnelles.

    Awax a écrit :
    pour la VOD, il y a un serveur hébergeant les vidéos dans chaque NRA. C'est une source d'économie, car les flux de télévisions sont mutualisés entre abonnés et ne sont transmis qu'une seule fois par NRA.
    =>Peux-tu citer tes sources ? Je n'ai jamais entendu qu'il y avait "un serveur hébergeant les vidéos dans chaque NRA" Le seul avantage que je vois sur la Google TV c'est le fait de pouvoir regarder une émission et surfer sur le web en même temps. Ça n'a pas été démontré avec la Freebox v6 (à part regarder 2 émissions en même temps via le guide des programmes) mais Free pourrait très bien l'ajouter via une mise à jour.

  3. Awax : post très intéressant, merci ! on voit bien les limites du net dès qu'il s'agit de fournir un service ininterrompu avec des exigences techniques bien particulières. Jabe : le mode patate n'a pas grand chose à voir avec la priorisation des flux. Si mes souvenirs sont bons, ça influe sur le taux de paquets rejetés en cas d'erreur de transmission. En gros tu as le débit maximum en mode patate, mais tu peux avoir des paquets qui se perdent (embêtant dans le cas d'un flux synchrone comme la TVIP ou VOIP).

  4. Post intéressant d'Awax, ceci dit: 1/ Tu sembles faire un embroglio beaucoup trop rapide entre 'neutralité' du net et QoS ; l'un et l'autre ne sont pas vraiment la même chose. Et ce qui est appliqué pour les différents types de flux (téléphone, tv, net) c'est bien de la QoS. 2/ "Au final, Google TV part d'une image simple mais bête qui dit : "ya ka récupérer ce qu'on trouve sur internet". Ca marche relativement bien à petite échelle mais quand on passe à la vitesse supérieure, on se rend compte que l'on marche sur les pieds des autres." Pas faux, mais dans ce cas il faut être objectif et ne pas oublier de préciser que: - Google lui-même est parmi l'un des plus gors investisseurs mondiaux dans le backbone internet en poussant au déploiement de câbles sous marins transcontinentaux. Il est à la fois conscient de la quantité de traffic qu'il génère à lui tout seul et de sa dépendance envers un backbone non saturé. - Dire que c'est pas idéal c'est bien, mais quelle est l'alternative ? que ce soient les fournisseurs de contenu qui financent (pour partie) la bande passante consommée ? Le remède est pire que le mal: c'est exactement l'inverse de ce qui a fait les fondements du net: c'est l'abonné qui doit payer via son abonnement au FAI les investissements dans le réseau car c'est ce qui a permis d'avoir une vraie neutralité de fait : que mon serveur soit celui d'un particulier ou celui d'une des plus grosses boites américaine, le traffic qu'il génère sera traité de façon ... neutre.

  5. @Ynos : "Google lui-même est parmi l'un des plus gors investisseurs mondiaux" Tout à fait. Google a des conventions de peering avec de nombreux FAI, pour que son trafic soit le plus fluide pour tout le monde. Sauf que dans la Google TV, à part pour Youtube, ce n'est pas le trafic de Google mais des fournisseurs de contenu qui doit naviguer sur le net et tous les sites de vidéo n'ont pas l'archi réseau de Google. QoS et neutralité : justement si ! La QoS est une non-neutralité. Un FAI n'a aucun accord de QoS avec les données Skype ou équivalent par exemple. Donc le fait d'appliquer une QoS sur ses propres flux est une non neutralité. Mais bon, la discussion sur la neutralité des réseaux est énorme, aussi bien techniquement qu'intellectuellement.

  6. Awax a écrit :
    Tout à fait. Google a des conventions de peering avec de nombreux FAI, pour que son trafic soit le plus fluide pour tout le monde.
    Non, je ne parlais pas ici des accords et des infrastructures de peering mises en oeuvre par Google pour ses porpres services mais bien de ses investissements pour augmenter la capacité globale du backbone mondial en louant du cablier pour tirer des cables sous marins transcontinentaux qui sont ensuite loués à qui en veut (les FAI) pour faire passer leur traffic. L'objectif de Google est ici de stimuler l'offre par rapport à la demande pour éviter à tout prix une situation où l'offre se ferait rare, donc où les prix augmenteraient mécaniquement et donneraient de l'eau au moulin de ceux qui mettent en avant les théories de faire payer ceux qui émettent le plus de contenu.
    QoS et neutralité : justement si ! La QoS est une non-neutralité. Un FAI n'a aucun accord de QoS avec les données Skype ou équivalent par exemple. Donc le fait d'appliquer une QoS sur ses propres flux est une non neutralité.
    Non, ce n'est plus de la neutralité dans le sens où on l'entend généralement: 1/ ton exemple n'est valable que dans un cas précis: lorsqu'il y a congestion au niveau de la terminaison du côté de l'abonné ; rien à voir avec une dégradation du service appliquée de façon systématique en tout temps et en toutes heures. Rien ne t'empêche d'utiliser la totalité de ta bande passante pour un service non 'managé'. 2/ si on va dans ce sens, on pourrait alors même accuser le premier routeur venu d'être discriminant par protocole puisqu'en cas de congestion l'habitude est de dropper en priorité les paquets UDP plutôt que les paquets TCP et donc qu'un service au dessus de TCP serait 'moins discriminé' qu'un service au dessus d'UDP. On est dans le pinaillage peu constructif amha : il ne faut pas oublier qu'on est dans un réseau basé sur une techno best effort, pas un réseau avec de quelconques garanties. Mais la question centrale est celle que j'ai évoquée ci-dessus: qui doit payer pour financer les infrastructures réseau mondiales ? Pour moi: - si on décide que dorénavant les fournisseurs de contenu doivent mettre la main à la poche, ça veut dire que celui qui aura les plus gros moyens sera le plus avantagé et ça me semble être contraire à l'esprit du net au départ. - on peut par contre continuer comme avant et dire que c'est l'abonné qui -par son abonnement mensuel- permet aux FAI d'investir régulièrement dans l'augmentation de capacité de son réseau. C'est comme ça que ça marche depuis le départ et -hors lobbying fallacieux pour tirer la couverture à soi- il n'y a aucun grand bouleversement qui fait que les coûts auraient explosé à tel point que la rémunération des FAI par ses propres clients ne soit plus suffisante pour maintenir une capacité suffisante des réseaux. Moi je préfère la seconde solution, parce que si c'est le client qui paye, c'est lui qui a le dernier mot ; et comme le client final est sans aucun doute celui qui sera le plus vigilant quant au respect des fondamentaux de la neutralité du réseau, on a tout à gagner à ce que ça reste comme ça.

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