Mission Zelnik : des réactions mitigées…

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Pas de grande démonstration d’euphorie aujourd’hui

Avant les annonces officielles par Nicolas Sarkozy, qui auront lieu ce soir lors des vœux au monde de la culture, faisons le tour des réactions au rapport Zelnik – pour le moins mitigées – glanées sur le net ainsi que dans la presse quotidienne…

Côté représentants de l’industrie, la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) accueille le rapport « avec intérêt et satisfaction », estimant qu’il contient « des propositions audacieuses, utiles au développement des offres légales et à la modernisation du financement de la création », et se réjouissant « tout particulièrement des mesures d’assouplissement proposées de la chronologie des médias » (notamment en matière de vidéo à la demande, ndlr).

La Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) est beaucoup plus féroce : les « mesurettes » proposées sont, selon elles, « clairement insuffisantes pour soutenir rapidement et significativement un marché en transition ». Sans totalement renier le principe de licence légale, elle précise que les offres légales en ligne mettront des années à réellement décoller, « et ne compenseront aucunement les pertes subies dans le monde physique » pendant ce temps. Par dessus tout elle déplore l’absence d’une « compensation juste et efficace » parmi la liste des propositions, demandant à nouveau « la mise en place d’une contribution prélevée sur le chiffre d’affaires des FAI ».

La Quadrature du Net partage le point de vue négatif de la Sacem, mais pour des raisons complètement opposées. Elle estime que les propositions privilégient déjà trop « les subventions publiques en direction de modèles commerciaux obsolètes », et dénonce notamment la proposition de taxe sur les régies publicitaires : « La mission pense avoir trouvé un bouc émissaire en proposant de taxer les moteurs de recherche américains financés par la publicité, tout en croyant épargner les autres régies de publicité sur Internet. La mise en œuvre promet de ne pas être simple ».

Vous vous en doutez, les propositions n’ont pas vraiment meilleure presse chez nos confrères journalistes sur le net. Le site PC INpact craint un « traitement inégalitaire » en faveur des majors et des gros acteurs uniquement, tout en prenant l’exemple du site de musique libre Jamendo, également en difficulté financière. « Est-ce que le monde du Creative Common sera éligible à recevoir des dons via cette carte monétisée ? ».

Il dénonce également le caractère absurde de certaines taxes. « En période de vache maigre, il faut trouver des ressources. À peu près n’importe où […] ». Il y fait notamment mention d’une taxe copie privée sur les cartouches et laser toner, faisant bien partie des propositions présentées, mais admirablement peu médiatisée.

Enfin, Numerama n’hésite pas à employer des qualificatifs bien sévères pour résumer la proposition de taxe des grosses régies publicitaires. « Puisque la France et l’Europe sont incapables de favoriser l’émergence de grands acteurs de l’internet, autant taxer les sucess stories américaines pour financer ses industries vieillissantes. […] C’est tellement plus simple, et tellement plus lâche ». Les aides supplémentaires envers « l’industrie du phonogramme vieille de plus d’un siècle » y sont comparées à une « perfusion publique ».

L’article nuance tout de même en qualifiant de « grande bonne surprise du rapport » la licence légale sur la musique en streaming.

Le gouvernement aura, visiblement, encore fort à faire pour convaincre.

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