Licences 4G : un « grand cirque » selon Bouygues

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Martin Bouygues, PDG du groupe éponyme bien connu, a choisi de dénoncer le système d’attribution des futures licences LTE (4G) mobiles en France, basé sur une mise aux enchères. Et il conteste ce choix de l’État avec des mots bien à lui…

« C’est le retour du grand cirque, un truc hystérique, la chose la plus cynique que je connaisse » : ce sont ses propres termes pour qualifier le mode d’attribution des licences 4G, rapportés par Le Figaro. Martin Bouygues met en cause le choix d’un système d’enchères, préférée par le gouvernement à une vente de licence à prix fixe.

« Je ne conteste pas le fait que l’État ait besoin d’argent, je conteste la manière de faire. Tout d’abord, il faut faire attention à donner la même taille de bande passante à chacun des opérateurs, sinon, il y aura une discrimination par la qualité de service. Ensuite, j’estime qu’il ne faut pas d’enchères sinon le plus riche des opérateurs — Orange en l’occurrence — raflera les fréquence et les autres opérateurs n’auront plus qu’à fermer boutique. Ainsi le monopole de France Télécom sera renconstitué », explique-t-il.

Tant d’altruisme de la part du patron de Bouygues ne manquera pas de surprendre, mais les plus attentifs se souviendront qu’en 2001, celui-ci avait usé de la même méthode lors de l’attribution des premières fréquences UMTS (3G). Face au refus de l’opérateur de participer à un système initialement basé sur des enchères, le gouvernement avait alors fait demi-tour et opté pour un système de prix fixe (619 millions d’euros par licence). Le même scénario pourrait-il se répéter ?

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13 commentaires

  1. J'aimerais qu'on m'explique la légitimité qu'à l'Etat pour vendre une "fréquence", qui est une sorte de bien public. Qu'il les réglemente, c'est évidemment normal, qu'il demande une redevance pour compenser les coûts de gestion des organismes censés gérer ces fréquences, d'accord, mais qu'ils les "vende" pour plusieurs milliards d'euros qui au final se retrouvent sur notre facture de téléphone, je ne comprends pas.

  2. Oh!!!! Ils ne sont pas contents chez les châtelains???? Déjà que les romanichels campent devant chez eux, on veut en plus qu'ils ne décident pas de tout!!

  3. @bidibulo : La logique économique des enchères est tout d'abord que les fréquences sont un bien public dont l'usage exclusif va être cédé à une entreprise privée pendant la durée de la licence, et donc qu'il est légitime que celle-ci reverse le maximum de ce que cette licence vaut pour elle au public, à travers l'état. Il ne faut pas oublier que la somme versée à l'état, c'est autant au moins sur les impots que nous payons, donc autant économisé par chacun individuellement. Après reste que l'état considère souvent que c'est une 'cagnotte' à cramer le plus vite possible sans réduire les impôts mais ça c'est notre responsabilité finale à travers qui nous avons voté et à travers les messages que font passer les sondages vis-à-vis de ce que l'opinion considère comme un comportement acceptable ou pas (au moment de voter, le choix et la possibilité de faire changer les choses, est souvent réduit, mais la réaction de l'opinion, la chute, ou non, de popularité au moment où il est révélé qu'un politique a dilapidé l'argent publique a un effet beaucoup plus direct, car chaque politique surveille l'évolution de celle-ci et prend en compte ce qui détourne ou non les électeurs de lui, donc à chaque fois qu'on s'en fout un peu de l'argent perdu, que de toute façon ils font tous la même chose, on donne un blanc-seing direct à tout cela) L'idée donc est que l'entreprise sait beaucoup mieux que l'état combien vaut vraiment la licence, et que la procédure d'enchère va l'obliger à révéler cette valeur. Bon la pratique est que ça ne marche pas (ou au minimum pas très bien). Les entreprises n'ont souvent pas vraiment plus d'idée que l'état de combien ça va rapporter vraiment une licence 3G, et donc la procédure d'enchère peut mener à des montants délirants pour des raisons politique de lutte d'égo entre les entreprise, ou d'évaluation délirante des consultants techno auquels les opérateur finalement s'en remettent ("Tout le monde va vouloir payer 100€ par mois pour regarder la télé sur son portable !"), jusqu'à mettre en péril leur survie. L'inverse est aussi possible, la déprime d'une période de récession poussant tout le monde à se replier sur son marché existant (exemple l'absence *total* d'intérêt des acteurs pour le DVB-H sur portable qui est un extrême un peu exagéré dans le sens inverse).

  4. alainlfanfree a écrit :
    Bonjour, Un argument de négociation avant l'heure. Alain
    ben c'est pas une fois que les enchères seront lancer qu'il faudra se plaindre hein, c'est effectivement AVANT.

  5. bil3 a écrit :
    Un argument de négociation avant l'heure.
    ben c'est pas une fois que les enchères seront lancer qu'il faudra se plaindre hein, c'est effectivement AVANT.
    Ce qui est marrant c'est la mauvaise foi absolue de Bouygues qui a critiqué violemment les manoeuvre de Free pour obtenir une licence moins chers, alors qu'il a toujours fait *absolument* la même chose, qu'il a *à chaque fois* milité pour qu'on le favorise, - pour qu'on lui donne la licence 3G au prix fixe qu'il pouvait payer plutôt que de faire une enchère qu'il perdrait, - pour avoir un tarif préférentiel 30 à 40% plus élevé sur les terminaisons d'appel parcequ'il était un pauvre malheureux arrivé en retard sur le marché de la téléphonie mobile et que sans cette mesure de faveur il n'aurait aucun moyen de lutter contre ceux qui avait l'avantage d'être là dès le départ. Et ensuite il explique que pour Free arrivé 10 ans après les autres, arrivé sur un marché totalement mature et fermé, au point que *personne* à part Free n'a trouvé le courage de déposer une offre, il faut absolument que le prix payé soit exactement le même sinon c'est injuste évidemment, "comment cela un avantage de premier arrivé qui justifie de payer plus cher ? Je ne comprend pas de quoi vous voulez parler". Mais bon, pour tout ceux qui ont la mémoire courte, qui avait oublié tout cela au moment où Bouygues critiquait Free, voici une bonne piqûre de rappel.

  6. La 4g devrait se répartir à tranche égale entre les opérateurs ce serait le plus logique et le moins pénalisant. Certes c'est de l'argent en moins sur nos impôts mais c'est autant d'argent en plus sur notre facture téléphonique. Tout le monde voudrait de l'illimité rapide même en déplacement pour 20€ par mois mais avec un prix de licences surévaluer ça menera à la même valeur d'illimité à 100€ par mois... résultat autant resté sur des forfait 3G et ça mettra la france en retard face au reste du monde qui a déjà commencé le déploiement. Il vaudrait mieux une licence pas chère mais une contrainte de déploiement forte en zone rurale que d'avoir comme d'habitude la france des villes et la france des campagnes qui sont souvent encore en 2G au mieux actuellement.

  7. Je vais jouer mon maître Capello, mais la première phrase est fausse, c'est le nom de famille Bouygues qui est éponyme du nom du groupe, et pas le contraire. Sovitec (militant pour l'utilisation correcte des mots)

  8. Ludo94 a écrit :
    Il vaudrait mieux une licence pas chère mais une contrainte de déploiement forte en zone rurale que d'avoir comme d'habitude la france des villes et la france des campagnes qui sont souvent encore en 2G au mieux actuellement.
    C'est exactement ce que réclame l'ARCEP, une licence pas trop chère mais avec des contraintes (de déploiement, d'accueil des MVNO...) fortes. L'état est dans la logique inverse, ramasser le pactole et en compensation, peu de contraintes. Ce qui veut dire un déploiement sur de trèèès longues années. J'espère que l'ARCEP pourra avoir raison. Une adoption rapide d'une nouvelle technologie pour tout le monde, plus de concurrence avec des Full MVNO ca serait vraiment bien.

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