Le dossier Hadopi confié à Pierre Lescure par le gouvernement

4

Face à l’épineux dossier Hadopi, le nouveau gouvernement en place a décidé de nommer Pierre Lescure (ex-directeur de Canal+) à la tête d’une mission de concertation. En toile de fond, une question se pose : faut-il abroger ou non la loi Hadopi ?

La Haute autorité de la rue du Texel survivra-t-elle au gouvernement Ayrault ? C’est la question que devra se poser la mission de concertation commandée par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication. Lors de sa campagne, François Hollande avait promis « une grande loi signant l’acte II de l’exception culturelle », sans jamais se prononcer définitivement sur la conservation en l’état, ou non, du dispositif Hadopi.

Pierre Lescure devra mener la concertation avec les acteurs concernés, afin du décider du sort de l’Hadopi : la réflexion portera notamment sur le processus de riposte graduée, jugé inefficace — avec le transfert des internautes vers les sites de téléchargement direct et autres plateformes indétectables par la Haute autorité. Il sera également chargé de réfléchir au développement des offres légales, un domaine dans lequel l’Hadopi n’a jamais brillé. Enfin, le financement de la création sera un autre point abordé dans cette concertation.

D’ores et déjà, on ne semble pas devoir s’orienter vers une abrogation pure et simple. Avec la nomination de conseillers plutôt favorables à l’Hadopi et à un mode de financement de la création très classique, comme David Kessler (conseiller aux médias et à la culture), et l’éviction de Juan Branco (directeur de cabinet lors de la campagne d’Aurélie Filippetti), le gouvernement écarte en outre toute velléité de légalisation des échanges, de type licence globale. Le changement dans la continuité, en somme ?

Partager

A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

4 commentaires

  1. J'ai pourtant un souvenir clair de la promesse de notre cher président d'abroger Hadopi et de repartir avec un bnouveau modèle. Cette institution est on ne peut plus intrusive (confier à des privés à la botte des sociétés de production un pouvoir que les policiers n'ont même pas, c'est scandaleux).
    L'argent est donc aussi fort avec tous les gouvernements... La critique est facile, mais l'art difficile...

  2. On vit dans un monde à la Apple : on ne regarde pas le besoin pour créer une solution/modèle. On créé la solution et on oblige le consommateur à s'adapter !
    Le modèle économique et la musique, film etc... est mort et ne correspond plus aux besoins. Mais au lieu de s'adapter, on investie des mille et des cents à essayer de conserver ce qu'on connait (c'est-à-dire le majors !).
    Je le dit et beaucoup le pensent/savent, ce modèle économique est voué à disparaître, tout ce qu'ils font c'est retarder l'échéance !
    Bienvenue dans le monde pourri des lobbies !

  3. En France quand on veut enterrer un problème, on créée une commission ... (Georges Clémenceau) Donc, rien nouveau ... Ah, si j'oubliais et blabla bla et blabla bla ....

  4. Copie d'un ancien article,sur M.Lescure:
    Bravo à M.Bono et à PC impact qui suit de trés pres cette affaire.Je viens de tomber par hasard sur un article de l'express ou il est précisé que M.Olivennes(homme de gauche!)est parti de canal+ avec 3,2 millions d'indemnités.Il est trés bien placé pour donner des leçons de civisme!
    copie de l'article:
    Pierre Lescure a été mis en examen pour pour «faux et usage de faux», le 26 mai, par le juge du pôle financier parisien Henri Pons. C'est Mediapart qui révèle l'information, ce vendredi.
    Il est soupçonné « d'avoir été l'initiateur d'une série d'avenants antidatés aux contrats de travail de quinze cadres de Canal+, afin de leur ouvrir droit à de rondelettes primes de départ, un mois avant la fusion avec Vivendi », selon le journal en ligne payant. L'enveloppe totale porterait sur 60 millions d'euros.
    C'est Bertand Méheut, le patron de Canal+, qui avait porté plainte contre X au moment de son arrivée, en 2003, après s'être rendu compte de l'importance des golden parachutes accordés à certains anciens dirigeants de la chaîne cryptée.
    Parmi les personnes qui ont bénéficié de ces parachutes dorés figurent, selon Mediapart :
    - Philippe Duranton, ex-directeur des ressources humaines, parti avec quelque 3,9 millions d'euros
    - Alain de Greef, ex-directeur des programmes, parti 2 millions d'euros ont été consentis
    - Denis Olivennes, ex-directeur-général, aujourd'hui à la tête du Nouvel Observateur, parti avec 3,2 millions d'euros d'indemnités. Mais cela avait été fait dans le cadre d'une procédure arbitrale. Conséquence, souligne Mediapart, il ne peut pas être poursuivi.
    Pierre Lescure est aujourd'hui présentateur sur France 5, directeur du théâtre Marigny et membre de plusieurs conseils d'administration ou de surveillance de quelques grandes entreprises françaises comme Havas ou Lagardère.
    Il avait quant à lui touché 2,9 millions d'euros d'indemnités de départ, "soit le minimum légal, c'est-à-dire mon traitement mensuel multiplié par 18. Un chiffre qui correspond à mes dix-huit années de présence au sein de la chaîne", s'était il défendu à l'époque.

  5. Réagir sur le forum