La France à la traîne sur le numérique

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Le think tank Renaissance Numérique dresse un bilan peu flatteur de la situation numérique en France de 2005 à 2010. Avec « seulement » deux Français sur 3 connectés à Internet, un chiffre d’affaires du e-commerce plus de deux fois inférieur au Royaume-Uni ou encore des écoles élémentaires comptabilisant 11 élèves pour un ordinateur en moyenne, le groupe parle d’une « situation alarmante »

Renaissance Numérique, laboratoire d’idées reconnu qui réunit depuis 2005 divers chercheurs, spécialistes, et chefs d’entreprise, ne mâche pas ses mots. « Nous sommes très loin des ambitions que nous avons pour notre pays. Le constat que nous faisons de la situation actuelle est un pavé jeté dans la mare, les indicateurs sont clairement dans le rouge ! En un mot, c’est alarmant », assène son co-président, Guillaume Buffet.

Ainsi, alors qu’en 2007, le groupe envisageait un pourcentage de foyers connectés avoisinant les 80% fin 2010, la France est loin du compte : la proportion actuelle, 68%, est tout juste celle de la Corée du Sud… en 2001.

Renaissance Numérique fait état d’autres chiffres inquiétants dans son bilan :

– Moins d’une PME française sur deux (48%) dispose d’un site internet : la France est à 13 points en dessous de la moyenne européenne ;

– Les start-ups numériques ne représentent que 2,1% des créations d’entreprises : les entreprises de l’internet se créent à l’étranger ;

– Le chiffre d’affaire du e-commerce français ne représente même pas la moitié de celui réalisé au Royaume-Uni (25 milliards contre 56) ;

– Les écoles élémentaires comptent 11 élèves pour un seul ordinateur. Existe-t-il même une ambition sur le numérique ?

Si le groupe souligne tout de même « quelques signes encourageants » — notamment la création d’un secrétariat d’État au numérique, il n’en demeure pas moins critique envers les actions politiques ces dernières années. Ainsi, il appelle notamment à « cesser de stigmatiser l’internet comme un lieu dangereux » et envisage la conception d’un grand programme numérique en vue des élections présidentielles de 2012.

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction]
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2 commentaires

  1. think thank = yaka faukon (?)... et puis le bilan français est loin d'être aussi catastrophique que ça, il y a de bonnes infrastructures, les tarifs pour accéder à internet pour les particuliers sont attractifs (merci Free !), il y a des offres de triple/quadruple play. En matière de site internet, il ferait mieux de regarder un peu le leur.

  2. Comme bien souvent derrière les fameux think tank, se cachent d'abord des entreprises de lobbyisme dont les intentions et les intérêts de ceux pour qui ils travaillent pour le moins ne sont pas clairs. Résultat : astucieusement, on mélange tout. On ne peut pas mettre sur le même plan les ménages non connectés (moindre accès à l'information, à la culture et à certains services) ce qui est primordial, le e-commerce qui est secondaire (la société de consommation ne devrait pas être une fin en soit, et en tout cas pas un critère pour juger de l'avancé ou du retard de l'équipement numérique d'un pays) et l'équipement en ordinateurs des écoles élémentaires dont aucune preuve n’est faite qu'ils soient indispensables pour apprendre à lire, à écrire ou à compter qui sont les trois priorités de l'école élémentaire. Vu le niveau des enfants à l'arrivée en sixième, on peut même légitimement penser que l'équipement en ordinateur de ces écoles n'est autre que du gadget.

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