Free veut refiler la facture à Google

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Les opérateurs sont malheureux, aidons-les

Lors du colloque sur la neutralité du net s’étant déroulé hier, Maxime Lombardini, DG d’Iliad, a réaffirmé son opposition au filtrage de la connexion mais a estimé que le débat, plus vaste, devait poser la question du financement des réseaux.

Tenant peu ou prou le même discours que lors de son interview par l’Arcep, le représentant de Free s’est plaint du trop grand nombre de taxes mises sur le dos des fournisseurs d’accès à Internet, « malheureux opérateurs », là où d’autres acteurs « principalement nord-américains » ne sont pas mis à contribution. « J’ai l’impression qu’on a déjà abandonné l’idée de taxer Google », a-t-il lâché, non sans une certaine provocation à l’égard de Jacques Toubon (à l’origine de l’idée de la “taxe Google”), présent dans la salle.

Maxime Lombardini en a appelé aux pouvoirs publics, afin que soient mis à contribution les plus gros consommateurs de trafic sur le réseau, tels Youtube (Google). « On ne peut pas mettre des capacités plus importantes à disposition de grands groupes américains sans qu’ils participent à quoi que ce soit », a-t-il conclu, établissant un rapport clair entre la participation des éditeurs de contenus et le développement des réseaux (déploiement de la fibre optique…).

Si vous souhaitez revoir l’intervention de Maxime Lombardini, les vidéos du colloque devraient être publiées dans le courant de la journée sur le site de l’Arcep.

Source : Le Figaro (blog)

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

7 commentaires

  1. Je trouve ça gonflé de taxer les fournisseurs et hébergeurs de contenu comme Youtube (Google) ou Dailymotion ou que sais-je. Si la vente d'abonnements internet fonctionne c'est pas mal à cause d'eux justement (et le P2P). Donc oui, ils génèrent du trafic, mais ils rendent le net attractif pour une grande catégorie des clients. (j'exclus le domaine pro et la minorité des gens qui se contentent d'envoyer des emails). Les FAIs mettent en avant le haut débit, le multimédia accessible, etc. pour vendre leurs abonnements et de l'autre coté ils veulent que ces fournisseurs de contenu multimédia passent à la caisse : C'est pas normal. C'est comme si un restaurant renommé et très fréquenté était uniquement accessible par autoroute. Le resto générant beaucoup de trafic autoroutier se verrait taxé par la société d'autoroute pour le trafic provoqué alors que ce même resto attire des clients sur l'autoroute. C'est vouloir le beurre et l'argent du beurre (et le cul de la crémière). Si les FAIs vendent des abonnements internet à perte, c'est pas le problème de Google (et autres fournisseurs de contenu), mais celui du FAI. Cordialement,

  2. Et surtout, les dits éditeurs payent totalement leur "bout de réseau", càd les serveurs et le trafic qui va avec... Quand au FAI c'est son travail de transiter des données d'un poste à un autre, je ne comprend pas trop pourquoi réclamer une participation extérieure. A ce compte-là les éditeurs de service devraient réclamer de l'argent aux FAI aussi, car à cause d'eux la surcharge serveur est démultipliée ?! Je sais, je raisonne par l'absurde, mais tout de même... Chacun sa place. Un éditeur éditise, un fournisseur fournitise. :P Si le fournisseur n'est pas capable de fournir, c'est un problème... pour lui, pas pour Google.

  3. attention aux analogies, c'est jamais bon ;) la difference c'est que le resto envoie ses camions sur l'autoroute en destination de la maison des consomateurs l'autre difference c'est que en fait il y a 2 autoroute, une coté consomateur et une coté resto. entre les 2 il y a un genre de mega-rond-point d'autoroute. Alors voila, le resto paye l'autoroute vers le rond point. le consomateur de son cote aussi (via l'abo de son FAI). le FAI et le resto payent le droit d'acces au rond point en sus. le truc, c'est que le resto a une autoroute enooooooorme, et le FAI une petite, mais son parc grandi et il doit agrandir son autoroute. Alors comme tout le traffic viens du resto et que le resto est infiniment plus riche que le FAI, le FAI il se dit, on va convaincre l'etat de dire au resto de nous filer du fric. voila, c'est mal mais c'est comme ca. petite precision: en fait le traffic youtube est stoqué sur des proxys dans tous les grands FAI (dont Free) pour limiter le traffic inter-continents, sur des serveurs deja payés par Google, donc en fait Free est assez gonflé en fait..

  4. Le problème n'est pas que google engorge le réseau de Free. C'est un problème marginal : Google paie l'accès à internet de ses donnée à son propre fournisseur qui paie à son fournisseur... jusqu'au réseau exploité par Iliad/Free. Plus la bande passante est importante, plus Google paie (après plusieurs intermédiaires) son accès à Free pour atteindre les abonnés Free. Le problème est que l'Etat français cherche trop facilement à faire financer l'industrie culturelle par les opérateurs télécom. En résumé Google, Dailymotion, Amazon ont des recettes (notamment publicitaires) pendant que Free paie le financement de l'industrie culturelle française et obéit à des obligations d'expansion et de qualité de son réseau. Et c'est le même problème dans toutes les industries. Pourquoi Renault fabrique des Dacia Logan en Roumanie ou Alcatel des composants en Asie ? Le problème ne concerne pas l'accès à internet. La taxe audiovisuelle payée par les opérateurs télécoms sensée remplacé les revenus de la pub sur France Télévision n'est due qu'au titre de la diffusion télévisuelle des offres triplay. Le problème concerne l'accès au réseau privé des opérateurs (télévision, VOD). Comment se passera la répartition des financements culturels et des recettes de vente, de diffusion, de publicité ? Comme dans toute industrie.

  5. Pour information, c'est l'ensemble des opérateurs, dont FT et DT notamment, qui posent la question d'une participation des éditeurs. Pas seulement Iliad. Les éditeurs refusent pour le moment en rappelant que sans eux internet serait resté un gadget, ce qui n'est pas faux. Reste que pour tous les Etats, la valeur créée par les éditeurs est exonérée de taxes et cette situation n'est évidemment pas figée.

  6. Tous ces raisonnements sont bons. Mais attention, chacun dit que je fournis donc vous devez payez ce que je fournis. Résultat: si tout le monde tire le drap à soi, j'ai bien peur que l'état se retourne contre le consommateur et qu'une facturation au débit s'impose. Tu as consommé tant de méga bit chez Google, cela fait tant. Le consommateur joue déjà son rôle en payant la facture d'abonnement triplay: va t-il accepter de payer pour le financement des réseaux? Le petit père qui regarde sa TV en numérique, va t-il payer pour le petit jeune qui visionne à donf google et autre dailymotion? Le débat est chaud et tout le monde estime qu'il paye assez pour ce qu'il consomme et la sentence risque de tomber! Au détriment du consommateur et donc pour la mort du petit cheval.

  7. Pourquoi tout cela ne pourrait-il pas trouver de solutions personnalisées pour chaque type d'utilisateur ? Les forfaits illimités dont nous avons fait une spécialité franco française se justifiaient pour booster internet, mais sont-ils vraiment équitables quand on constate les besoins présents et futurs de certains usages ? Il faut en finir avec un égalitarisme démagogique et imbécile : si certains usages exigent des investissements de capacité, c'est à leurs utilisateurs de les payer. Ce qui veut dire rétablir des abonnements avec des quota de téléchargement, au-délà desquels chaque kb est facturé, comme dans tous les pays développés soit dit en passant ! Ce qui aurait d'ailleurs un effet collatéral évident sur le piratage...

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