“Accroître la concurrence” n’est plus une priorité pour Montebourg et Pellerin

37

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement durable, et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l’Économie numérique, sont les auteurs d’une tribune publiée ce jour dans Les Échos, particulièrement critique envers le développement de la concurrence des télécommunications en France.

Intitulée “Pour une Europe des télécoms tournée vers l’investissement !”, la prose des deux ministres n’hésite pas à dresser un bilan particulièrement critique de l’accroissement de la concurrence au sein des télécoms ces dernières années.

En un paragraphe, ils saluent l’impact positif de la concurrence qui a « conduit à l’émergence de nouveaux acteurs durables et à l’apparition d’offres innovantes sur le marché, comme la téléphonie illimitée, les box multiservices, la télévision par Internet et l’accès à l’Internet mobile », tels que chez Free et Free Mobile par exemple.

Rapidement, ils dénoncent les effets d’une politique concurrentielle, jugée trop « au profit du consommateur », et dont ils n’hésitent pas à rejeter tous les torts sur l’Europe. Regrettant « l’émiettement de nos acteurs économiques », ils l’affirment désormais : « la priorité ne doit plus être d’accroître la concurrence entre les opérateurs télécoms, qui est désormais bien installée ». Ainsi, plutôt que d’encourager le développement d’offres à l’avantage des utilisateurs, ils appellent au nom du gouvernement à renforcer l’investissement en Europe. Leur objectif : « favoriser la constitution de champions européens des télécoms capables d’adresser un marché européen, voire mondial » — par le biais de partenariats entre opérateurs européens.

« Il faut encourager les initiatives de coopération et de partenariat entre les opérateurs mobiles européens pour pouvoir proposer des solutions et des services interopérables sur l’ensemble des réseaux mobiles dans les Etats membres. Nous devons créer les conditions favorables à l’investissement, en privilégiant le co-investissement et le partage de risques entre les acteurs, et non plus continuer à pousser une ouverture systématique des réseaux pour tous », clament-ils notamment…

- Lire la tribune d’Arnaud Montebourg et Fleur Pellerin dans son intégralité sur LesEchos.fr

Partager

A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

37 commentaires

  1. Freenews a écrit :

    Arnaud Montebourg, ministre du Redressement durable, et Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'Économie numérique, sont les auteurs d'une tribune publiée ce jour dans Les Échos, particulièrement critique envers le développement de la concurrence des télécommunications en France.

    Lire l'intégralité de la news

    "1 pas en avant, 2 pas en arrière".
    C'est toujours la même chose.
    Au fait, c'est pas la gauche qui a fait ratifier le traité de maastricht ?

  2. Bonjour ,

    Si je lis bien entre les lignes , ils veulent que les opérateurs arrêtent de se faire guerre sur le déploiement des réseaux sur notre territoire et partent à la conquête du monde afin de faire de l'argent facile .

    Les entreprises doivent être au service des actionnaires et pas à celui des clients !

  3. Il y a un autre article dans les Echos qui est à mettre ne parallèle avec cette news :
    http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/tech-medias/actu/0202845559556-les-appetits-s-aiguisent-autour-de-l-europe-des-telecoms-578590.php

    On y comprend que le marché européen provoque des appétits extérieurs. Plus de 100 opérateurs différents en Europe, à comparer aux USA où, pour une population à peu près équivalente, il n'y a que 4 ou 5 opérateurs, on comprend vite que pas mal d'opérateurs Européens ont du soucis à se faire tant qu'ils sont limités à leur marché national, même si à l'échelle de leur pays ils ont une taille importante.
    En France, en dehors de Orange, on ne voit pas qui est de taille suffisante à résister si jamais Américains ou Chinois venaient à s'intéresser à notre marché (ATT et Verizon auraient tenté, sans succès de racheter Vodafone pour donner un ordre d'idée de leurs envies/moyens).

  4. OhMonBato a écrit :

    Il y a un autre article dans les Echos qui est à mettre ne parallèle avec cette news...


    Et oui, il ne faut pas juste s'attarder sur les gros titres. Il faut que l'Europe économique soit forte pour faire face à la concurrence internationale. Ceux qui croient que tout ce qui est hors de la France est international ont manqué un wagon. Par exemple, que Free veuille investir en Belgique est sain, autant pour la France que pour la Belgique, autant pour l'investisseur que pour l'utilisateur. Qu'Orange ait des filiales un peu partout est bon aussi car il ne faut pas voir Orange comme un simple opérateur téléphonique mais comme un fleuron français de la recherche.

  5. Les deux font la paire.

    Sont-ils payés par Orange, Bouygues et SFR pour sortir de telles inepties ?

    Ils n'ont rien compris comme tout le gouvernement dont il font partie ?

  6. DOURIK a écrit :

    Sont-ils payés par Orange, Bouygues et SFR pour sortir de telles inepties ?


    Mais à quelles inepties fais-tu référence ?
    Là on parle de convergence des réseaux par exemple. Veux-tu avoir une vingtaine d'opérateurs mobiles ayant tous des réseaux différents (dont la majorité ne seraient même pas des réseaux français) et donc multipliant les ondes (et provoquant des problèmes quant aux bandes passantes) ou préfère-tu un nombre de réseaux restreint mais fiable ?

    Arrêter l'essor de la concurrence n'a rien à voir avec taper sur Free au profit des trois autres.

  7. DOURIK a écrit :

    Les deux font la paire.

    Sont-ils payés par Orange, Bouygues et SFR pour sortir de telles inepties ?

    Ils n'ont rien compris comme tout le gouvernement dont il font partie ?

    Tu as lu l'article en question bien sûr ? Parce que malgré ce que dit Yohann, je ne les trouve pas particulièrement critiques.
    Très schématiquement ils disent, jusqu'ici on a favorisé la concurrence au sein de l'Europe (chacun à son échelle nationale), ça a apporté du bon pour le consommateur, mais d'un autre côté il y a maintenant beaucoup (trop ?) d'opérateurs pour que ce soit tenable à long terme face à la concurrence internationale. Encourageons donc des partenariats ou autres formules pour créer de vrais géants des télécom à même de résister à la concurrence.
    Ça te semble vraiment idiot ?
    Comme je le disais plus haut, seul Orange en France a une taille vraiment conséquente, les 3 autres sont des nains à l'échelle internationale. Si aujourd'hui Free semble protégé avec son actionnaire très majoritaire, pour combien de temps l'est-il ?

  8. OhMonBato a écrit :

    Tu as lu l'article en question bien sûr ? Parce que malgré ce que dit Yohann, je ne les trouve pas particulièrement critiques.

    Hum quand même, je ne sais pas ce qu'il te faut.
    En quelques paragraphes on a déjà un summum d'hypocrisie qui consiste à dire, grosso modo, que la concurrence c'est génial parce que ça permet d'apporter des offres innovantes et de nouveaux acteurs sur le marché, mais que finalement on n'a plus besoin d'innovation ni de nouveaux acteurs maintenant. Y'en a déjà un qui a percé c'est bon, on ne va pas prendre le risque qu'il y en ait d'autres non plus !

  9. Et bien nous avons 2 manières différentes d'interpréter leurs propos. Si comme toi je comprends bien qu'ils disent "stop à de nouveaux opérateurs" (c'est ça être particulièrement critique ?), je ne vois pas où ils disent ne plus avoir besoin d'innovation. Ils insistent même plusieurs fois sur la nécessité d'augmenter les investissements.
    Je respecte ton point de vue, je n'ai pas le même, c'est tout. ;)
    Si je peux me permettre, cela aurait été encore plus intéressant comme news, si cette tribune avait été mise en parallèle avec l'autre article dont je donnais le lien plus haut. C'est à mon avis à la lumière de cet article que la tribune des 2 ministres prend plus de sens.

  10. Réagir sur le forum