Iskandar Safa laisse place nette à Xavier Niel dans Nice-Matin …

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C’est la fin d’un suspense d’un peu plus d’un mois, qui a trouvé hier son épilogue, avec le retrait d’Iskandar Safa dans la course qu’il avait engagée contre Xavier Niel, pour la prise de contrôle du quotidien régional Nice-Matin.

L’annonce a été faite hier soir par le syndicat des journalistes SNJ reprenant les termes d’une allocution tenue en comité d’entreprise le jour-même par Jean-Marc PASTORINO, PDG du Groupe de presse.

Un pas-de-deux rythmé entre actionnaires, rédaction et syndicats.

Il est vrai que depuis le début de l’été, les divers actionnaires  n’ont eu de cesse de se mener une guerre des tranchées fratricide, savamment orchestrée par les différents protagonistes en lice mais également les syndicats, particulièrement influents, qui ont entendu peser leur poids dans la balance.

Le motif invoqué pour ce retrait : une offre qui ne pouvait être maintenue dans une « entreprise divisée » entre les 456 salariés actionnaires du groupe réunis en une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) représentant 66% du capital social et les 34% détenus par Xavier Niel via sa holding personnelle NJJ depuis le 12 juillet dernier pour les avoir acquis de la société belge NETHYS.

Derrière Xavier Niel, 95% de la rédaction du quotidien, sensible à l’argument d’indépendance brandi par l’homme d’affaires fort d’une expérience similaire au sein du Monde dont il est copropriétaire, mais surtout la crainte d’un projet jugé trop rigoriste proposé par SAFA qui avait déjà soulevé un tollé en 2014 lors d’une première tentative de prise de contrôle.

Jean-Marc PASTORINO très clairement favorable au projet de reprise d’Iskandar SAFA avait quant à lui dénoncé un pacte d’actionnaires et entendait demander à la justice de trancher alors que le journal filait lentement mais sûrement sur la voie de la procédure collective.

Une issue accueillie avec soulagement par la rédaction.

Du côté de la rédaction c’est un soulagement depuis cette annonce mais surtout « une satisfaction après un mois et demi d’incertitude (…) et une décision assez logique parce qu’on ne voyait pas trop comment juridiquement il (M. Safa) pouvait entrer dans Nice-Matin » s’est empressé d’indiquer Denis Carreaux à l’Agence France-Presse, ajoutant « (…) maintenant, il faut se mettre au travail pour construire le projet avec Niel et rebâtir la cohésion de l’entreprise après ce duel ».

Une bouffée d’air bienvenue avec le terme de ce suspense qui n’augurait rien de bon pour la poursuite des activités du Groupe de Presse provençal d’ores et déjà placé en sauvegarde de Justice depuis plusieurs semaines.

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