Zones non dégroupées : vers une augmentation des débits ?

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Dans sa newsletter d'hier, l'AdUF revient sur une décision importante de l'ARCEP qui pourrait permettre à Free de proposer l'ADSL2+ (et donc des débits compris entre 10 et 20Mbit/s) aux abonnés en zones non dégroupées.

Le « gendarme » des Télécoms vient en effet d'imposer à France Télécom une réduction substantielle de ses tarifs de collecte. 

En zone non dégroupée, Free doit payer à l'opérateur historique à la fois la location de la ligne mais aussi la consommation de l'abonné. Si les tarifs forfaitaires du premier ont eu tendance à diminuer ces derniers mois/années, permettant ainsi l'apparition de nouvelles offres comme « Freebox Only » (on parle également d'ADSL nu), ceux du second restait à un niveau prohibitif : 210€ HT le Mbps transporté. Désormais, France Telecom devra se contenter de 75€ HT et ce applicable de façon rétroactive au 1er janvier 2007.

Avec une telle différence de tarif, Free devrait pouvoir améliorer à la fois ses marges (et donc garantir son développement futur) et les services proposés aux abonnés IP/ADSL. Bien évidemment, reste à savoir quelle part de ces économies sera directement répercutée sur les abonnés…

 

Alexandre Archambault, responsable des affaires réglementaires de Free, a apporté les précisions suivante à notre partenaire :

 « Sans entrer dans les détails, c’est assez simple. L’idée était de mettre fin à une anomalie sur le marché de gros de l’ADSL non dégroupé (une offre unique à deux modalités de livraison de trafic : ATM (*) et IP) où la tarification en place conduisait à privilégier une modalité (l’ATM, vouée à disparaître à terme au niveau de la collecte) au détriment d’une autre (l’IP) pourtant nettement plus efficace et pérenne (à en juger par ceux qui se découvrent une nouvelle passion pour les CRS (**), coucou N9uf).

Pour mieux comprendre, quelques chiffres. Jusqu’à cette décision, France Telecom facturait le Mbps de collecte non dégroupée en IP à Free 210 € HT. Pour aller chercher par exemple du trafic à 25 kms de Paris, par exemple à Marne la Vallée ou Boisemont dont la saturation des NRA conduit les opérateurs à raccorder leurs abonnés en non dégroupé. A titre de comparaison, ce même Mbps est facturé aux alentours de 13 € HT (en tarif catalogue négociable… et négocié par Free 😉 pour du transit IP international. C’est ce que Free paie – par exemple – pour aller chercher du trafic à Washington (coucou Google/YouTube), à 5000 km de la France, donc.

Bon d’accord, sur le transatlantique, il y a de gros excédents de capacités qui font que les tarifs sont très bon marché, mais bon même tenant compte de ce paramètre (et donc en supposant que le tarif véritable doit être le triple) il y a de la marge entre 40 et 210 euros pour pouvoir traduire les gains de productivité observés depuis ces cinq dernières années.

Cette anomalie sur le marché de gros n’était pas sans conséquence sur le marché de détail : en effet, sur les zones non dégroupées, les offres des opérateurs alternatifs sont notoirement en retrait par rapport aux zones dégroupés. Par exemple, pas d’ADSL2+ jusqu’à une époque récente, qualité de service moindre, tarifs différents…

Devant l’échec des (longues et riches) discussions entre Free et France Telecom sur la refonte du mode de tarification de la collecte IP, l’ARCEP a été saisie en février dernier, et vient de trancher sur le fond en faveur de la position de Free et sur la forme sur des niveaux très proches des coûts qui ont été avancés par France Telecom dans le cadre de l’instruction du dossier par l’Autorité. Car comme le note l’Autorité, « la demande de Free conduit à rétablir une certaine neutralité technologique entre la structure de tarification de la collecte IP et de la collecte ATM » et qu’ « il n’existe plus de justification économique à maintenir un espace tarifaire entre les offres de collecte ATM et les offres de collecte IP.

Pour finir, concrètement cette décision vise à corriger l’anomalie qui faisait que les opérateurs recourant à l’IP, et surtout leurs abonnés, étaient foncièrement défavorisés par rapport à ceux qui bénéficiaient de l’ATM, et va contribuer à pérenniser la présence des opérateurs alternatifs sur les zones non dégroupées (90% des répartiteurs mais moins du quart des abonnés chez Free pour une facture mensuelle à 7 zeros, ce qui n’était pas sans susciter des interrogations légitimes chez des analystes financiers), et in fine améliorer le sort des zones non dégroupées en IP pour faire en sorte que l’écart avec les zones dégroupées, notamment en termes de qualité de service, se réduise comme en témoigne l’évolution significative observée depuis le début d’année. »

(*) cf. http://www.commentcamarche.net/tech…
(**) CRS : Equipements actifs (routeurs) placés à des points névralgiques d’un réseau dont le rôle est l’aiguillage, la fluidification du trafic de ce réseau. Il y a quelques temps, Free en a inséré un certain nombre dans son réseau. A la suite de quoi, NeufTelecom a fait de même ;-)>

 

Le prochain communiqué de presse parlera-t-il des zones non dégroupées ? à suivre … 

 

La décision n° 2007-0502 de l'ARCEP (pdf)

Source : newsletter 824 de l'AdUF 

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