Free : un retrait partiel de la fibre, pour mieux déployer le VDSL2 ?

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À la surprise générale, Free s’est désengagé du déploiement de la fibre optique dans certains immeubles, invitant les collectivités à se tourner vers l’opérateur d’immeuble de leur choix.

Si certains y voient simplement le résultat d’une gourmandise démesurée (Free s’étant engagé à fibrer un nombre d’immeubles probablement trop important dans les délais impartis), d’autres y voient un signal différent…

Ainsi, s’il aura toujours la possibilité d’exploiter à peu de frais la fibre déployée par d’autres opérateurs dans les immeubles auxquels il a renoncé, Free pourrait également envisager, dans les zones moins denses, de recourir à la technologie VDSL2 en attendant le déploiement du FTTH.

On en a déjà parlé dans un dossier sur Freenews : les indices se multiplient concernant l’arrivée possible du VDSL2, qui permet d’atteindre des débits nettement supérieurs à l’ADSL sur une courte longueur de ligne avec une simple paire de cuivre, chez les opérateurs français. Ainsi, il serait possible pour les plus chanceux d’obtenir un débit de téléchargement théorique allant jusqu’à 100 Mbps, et plus raisonnablement aux alentours de 50 Mbps… là où les connexions ADSL2+ actuelles proposent du 28 Mbps théorique maximum, en conditions optimales.

Récemment, OVH a franchi une étape supplémentaire, en affichant ouvertement sa volonté de proposer du VDSL2 à ses clients, dès lors que la technologie sera validée d’un point de vue réglementaire.

Si les autres opérateurs ne sont pas aussi loquaces, ils semblent également se préparer silencieusement à un lancement commercial du VDSL2. The IT Circle semble penser que ce « super ADSL » pourrait être déployé sur nos lignes téléphoniques, rassemblant divers bruits de couloir allant dans ce sens.

Une remarque supplémentaire relevée sur notre site, de l’ordre de l’anecdotique, permet de penser que des expérimentations en « conditions commerciales » seraient déjà en cours chez Free : c’est en tout cas l’argument avancé par un technicien Free pour expliquer des problèmes de réception du service de télévision. Bien entendu, cette information reste à prendre avec des pincettes…

Quoi qu’il arrive, The IT Circle rappelle que l’arrivée du VDSL2 dans nos salons, bien que les nouvelles Freebox soient d’ores et déjà compatibles, n’est pas pour demain. En comptant les délais réglementaires, les tests obligatoires etc., « si le feu vert du comité technique intervenait d’ici la fin de l’année, l’introduction commerciale du VDSL2 ne pourrait pas être effective avant le second semestre 2012 », conclut le site.

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24 commentaires

  1. Sans cesse repousser, dommage, même à 1km du répartiteur, je fais plus que doubler mon débit avec le test ovh. La dernière news me semble parlait d'une autorisation de l'arcep avant fin 2011, maintenant c'est second semestre 2012

  2. Le VDSL2 n'a pas vocation à être déployé sur les actuels NRA, mais dans les sous-répartiteurs (appelées 'NRA-MeD'). Dit autrement: même si le VDSL2 était lancé commercialement dès demain matin, personne ne pourrait en profiter tant que son propre sous-répartiteur n'a pas été équipé. Et quand on voit le nombre d'années qu'a pris le dégroupage pour les seuls NRA (*), ça donne un ordre d'idée quant aux délais avant que le VDSL2 ne soit réellement disponible pour une proportion significative de la population. (*) alors que les NRA sont 10x moins nombreux que les sous-répartiteurs: 13 000 NRA vs. 130 000 sous-repartiteurs environ sur l'ensemble du territoire.

  3. Je crois qu'il suffit d'aller sur ce site pour comprendre qu'on y va tout droit : http://www.alcatel-lucent.com/vdsl2-vectoring/index_fr.html Par ailleurs il y avait un Broadband World Forum à Paris fin septembre où apparemment il n'y en avait que pour le VDSL2. Il est étonnant que Freenews ne s'y rende pas. Tous les indices laissent à penser que la techno "vectorisation VDSL2" (parfois appelée VDSL3) est si bien avancée qu'elle peut remplacer dans les usages les besoins qu'auparavant seule la fibre pouvait apporter. Donc un opérateur qui ne prendrait pas le tournant de cette techno mais resterait sur la fibre risquerait de se faire doubler par ceux qui auraient opté pour le VDSL2 et proposeraient des prix plus bas. Allez interviewer des chercheurs à l'ENST ou à l'INRIA, il doit bien avoir des personnes avec un avis objectif...

  4. gone63 a écrit :
    La dernière news me semble parlait d'une autorisation de l'arcep avant fin 2011, maintenant c'est second semestre 2012
    Non, l'autorisation est toujours possible pour fin 2011, mais il faudra ensuite composer avec les délais réglementaires, les tests, la mise en œuvre d'éventuels équipements, etc. Le second semestre 2012, c'est un "minimum" pour espérer voir arriver les premières offres commerciales.

  5. duschnouk a écrit :
    Tous les indices laissent à penser que la techno "vectorisation VDSL2" (parfois appelée VDSL3) est si bien avancée qu'elle peut remplacer dans les usages les besoins qu'auparavant seule la fibre pouvait apporter.
    Tout comme les 10 autres solutions 'miracles' dont on a parlé au cours des dix dernières années mais qui n'ont finalement jamais été plus loin que les portes du labo à l'origine du papier. Par expérience donc, la plus grande prudence est de mise.
    Le VDSL est une techno de type 'court terme', qui deviendra beaucoup plus rapidement obsolète que la fibre qui a un potentiel d'évolution infiniment plus grand pour la montée en débit. Les deux ne jouent donc pas dans la même catégorie, et si la fibre coûte plus cher à déployer au départ, elle pourra être rentabilisée sur 20 ou 30 ans, ce qui n'est absolument pas le cas du VDSL.
    Allez interviewer des chercheurs à l'ENST ou à l'INRIA, il doit bien avoir des personnes avec un avis objectif...
    L'ARCEP a également des avis réputés pour leur objectivité. Simplement tout n'est ni complètement noir ni complètement blanc. Et pour de nombreux aspects, personne n'est capable de prédire l'avenir, notamment comment vont évoluer les besoins en bande passante. Et dans ce cadre, il n'y a pas de solution 'meilleure' ou 'moins bonne' par essence.

  6. ynos a écrit :
    Le VDSL2 n'a pas vocation à être déployé sur les actuels NRA, mais dans les sous-répartiteurs (appelées 'NRA-MeD').
    Où as-tu vu cela?? pourquoi les opérateurs s'en priverait? Toute personne à moins de 2km d'un NRA ou sous répartiteurs pourra en profiter.

  7. ThierryL a écrit :
    Où as-tu vu cela??
    L'ARCEP elle-même qui parle systématiquement de l'accès à la sous-boucle quand elle parle de VDSL. Et elle en parle pas mal d'ailleurs, car c'est également un risque en terme de distortion de la concurrence. A contrario, les sites de news font quasi systématiquement l'impasse sur cette précision qui prête pour le moins à confusion. A la décharge de Freenews, ils l'avaient clairement expliqué dans au moins un article précédent. Ce qui est dommage c'est qu'ils ne le répètent pas sytématiquement quand ils parlent du VDSL, et ça ne fait qu'entretenir la confusion.
    pourquoi les opérateurs s'en priverait?
    Parce que le VDSL interfère avec l'ADSL et les lignes (très) longues. Il n'est donc pas possible de mixer les deux technologies au sein de lignes qui partagent les même fourreaux sans qu'il y ait des conséquences négatives pour les abonnés déjà peu gâtés par leur longueur de ligne. Si on voulait VDSLiser les NRA, il faudrait donc basculer toutes les lignes d'un coup, et ce n'est pas possible en France de la faire simplement (il faudrait mettre tous les opérateurs d'accord et qu'ils se synchronisent pour effectuer la bascule de chaque NRA traité). D'où l'option de la création de nouveaux NRA-MeD sur lesquels les lignes seront basculées petit à petit et pour lesquels 100% des lignes seront en VDSL.

  8. un simple freenaute le

    tangi77 a écrit :
    Encore les personne qui sont prêt du répartiteur vont gagner et les autres il y pense??
    Les lois de la physique le font pour eux. Mais pourquoi priver les autres si c'est possible de faire mieux ?
    Parce que le VDSL interfère avec l'ADSL et les lignes (très) longues. Il n'est donc pas possible de mixer les deux technologies au sein de lignes qui partagent les même fourreaux sans qu'il y ait des conséquences négatives pour les abonnés déjà peu gâtés par leur longueur de ligne.
    Il y aura probablement le même souci avec les NRA-MeD : on retrouvera à la sortie des lignes en ADSL et des lignes en VDSL, sans compter les lignes passant par le sous-répartiteur de façon "classique", reliées au NRA distant de quelques km, et qui passeront aussi dans les mêmes fourreaux. Et une fois le SR dégroupé, migrer les abonnés au compte goutte ? Remarque ce serait un bon moyen de forcer les gens à passer sur une nouvelle box :) On verra ce que l'ARCEP en conclut de toute façon. La technologie a peut-être évolué depuis les débuts du VDSL.

  9. ynos a écrit :
    Parce que le VDSL interfère avec l'ADSL et les lignes (très) longues. Il n'est donc pas possible de mixer les deux technologies au sein de lignes qui partagent les même fourreaux sans qu'il y ait des conséquences négatives pour les abonnés déjà peu gâtés par leur longueur de ligne.
    C'était le cas avant. A priori maintenant avec la vectorisation VDSL2, on n'a plus ce problème d'interférence. (EDIT: correction d'une vilaine fote d'otografe...)

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