Free met en danger les sites français… et pas Google

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Avec l’arrivée surprise d’une fonction bloquant par défaut les publicités jeudi au sein de la Freebox Révolution, de nombreux observateurs ont estimé que Free cherchait à régler ses comptes avec Google. Mais le géant californien ne sera clairement pas le plus handicapé par cette décision…

Si le contenu exact des filtres de Free reste à définir, on sait déjà qu’ils ne se limitent pas à bloquer les contenus d’Adsense (la régie pub de Google). La régie publicitaire française Netavenir, assurant (notamment) les espaces publicitaires de Freenews, est par exemple aussi touchée.

La guerre froide opposant Free à Google sur le financement du trafic explique peut-être en partie l’initiative de Free ; mais qui peut croire que la désactivation des publicités chez moins de 5 millions d’Internautes français (on ne connaît pas le nombre exact de Freebox Révolution dans le parc freenaute) est réellement en mesure de faire peur à Google ? Le géant de Mountain View sera probablement agacé par le choix de Free, qui taquinera
ses finances à la marge. Mais à l’échelle internationale, nul doute que le faible pourcentage d’utilisateurs réellement concernés ne l’embarrassera pas plus que ça.

On a le net sentiment que Free se trompe de cible ; l’impact sera beaucoup plus dur pour les sites francophones, qui n’ont ni la puissance ni la mainmise de Google, et pour qui le parc d’utilisateurs Free représente un pourcentage bien plus large. Et que dire des sites tout particulièrement dédiés aux Freenautes, représentants de la communauté comme le nôtre, dont les visiteurs Freenautes représentent une écrasante majorité ? Eux seront les véritables victimes de ce filtrage soudain et imprévisible…

Le choix de Free ne va probablement pas à l’encontre de la neutralité du net, comme le souligne Benjamin Bayart sur son blog. Il pose en revanche un véritable problème concurrentiel, puisque les filtres intégrés par Free font l’objet d’un choix arbitraire sur lequel les sites et les régies n’ont aucune visibilité.

Par exemple : un grand site comme Allociné peut se permettre d’assurer lui-même la gestion de sa publicité sans passer par une régie externe. Et en effet, il n’est pas concerné par le blocage made in Free, les filtres n’étant probablement pas assez exhaustifs pour couvrir tous les cas de figure site par site. Les plus petits éditeurs de contenu subiront donc pour les autres… une fois de plus !

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

58 commentaires

  1. Free n'a pas pour habitude de lancer des opérations à l'aveuglette, attendons donc de voir la suite avant de tirer des plans sur la comète.

  2. Firefox + adblock + ghostery + flashkiller font pareil.
    L'avantage du filtrage de Free est l'économie en bande passante, l'argument de neutralité fallacieux.
    Maintenant si vous aimez bouffer de la propagande, libre à vous de désactiver tout ça ...
    Les éditeurs peuvent aussi changer de modèle économique (celui de la rémunération par la réclame n'est pas éternel) et les publicitaires faire un vrai métier.
    Raudi

  3. Petite leçon d’économie:
    Produire coute donc demande une contre partie. Soit les sites internet se rémunèrent via de la pub soit ils font payer les internautes via des micro paiements ou autre soit, ils ferment...
    Il restent la possibilité de collecter énormément de données perso pour les revendre, un peu à la Facebook...
    Les sites qui utilisent Adsense et autres régies sont des "petits" qui ne peuvent gérer une régie pub en interne. La fin des pubs type Adsense et autre va uniquement entrainer la disparition des petits sites communautaires au profit des mastodontes du secteur qui sont déjà assez gros pour ne pas avoir besoin de régie pub !
    Après il y a le modèle bisounours ou les petits continuent a produire du contenu gratuitement en faisant appelle a la générosité des internautes. Dans ce cas là on découvre assez rapidement la valeur du zéro absolu !
    Vive l'internet libre et vive la pub qui le fait vivre !

  4. Sachons raison garder (oui je fait des grandes phrase de bon matin) :
    - Free = 5 Million d'abonnés ADSL, combien de V6 ? disons 2 millions ?
    - Adblock = 30 Million d'installation sur firefox + chrome
    A part les sites de freenautes (UF, freenews etc..) je me demande si l'impact sera seulement visible. C'est juste une opération de com' [s]à la c**[/s] à la Free.
    Après sur la forme, le procédé est quand même inquiétant : installer un filtrage par défaut quel qu'il soit sent mauvais, très mauvais. En quoi Free peut se permettre de choisir ce que j'ai le droit de regarder ou pas ?

  5. Je ne vois pas le problème...  ;) en fait, les sociétés concernées harcèlent les internautes... et je veux bien voir limiter leur activité inopportune comme on a limité les panneaux publicitaires sur les périphéries des grandes villes où leur présence fut jugée pollution visuelle..
    Par contre, je serais beaucoup plus enclin à voir les filtres SPAM sur Zimbra.free être plus efficaces  ::) ... j'en suis rendu à observer recevoir 72,2 % de spams parmi les e-mail que je reçois sur mon adresse e-mail principale. Là est le véritable problème : la législation n'est ni assez décourageante ni suffisamment repressive pour les spammeurs. Je serais curieux de connaître la baisse de productivité quotidienne en entreprise liée au temps passé à faire le tri des e-mails... :-[

  6. euh... Franchement ceux qui s'énervent sont ceux qui n'ont pas de freebox, quel est le pourcentage de gens qui utilise le navigateur de la freebox??? pas moi, saisir un url il te faut environ une bonne minute, perso je préfère utiliser mon smartphone ou mon ordi portable. Je ne suis pas contre la pub si elle permet de faire vivre, au contraire mettez plein de pub sur les chaines publiques et arrêtez de nous obligé à payer pour des chaines que tout le monde ne regarde pas, lorsque j'arrive que la 2 c'est que je me suis planter en tapant la chaine 20 :)
    Bref relativisons :)

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