M. Lombardini règle ses comptes avec Bouygues Telecom

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Maxime Lombardini, directeur général de Free/Iliad, était ce matin l’invité de Good Morning Business sur BFM Business. Il y a répondu aux questions de Stéphane Soumier, suite à l’annonce des résultats de l’opérateur…

Interrogé sur la rentabilité de l’offre mobile, il a rappelé que le groupe connaissait une « progression très forte de son chiffre d’affaires » : « à ce jour, la rentabilité du fixe finance le déficit du mobile », explique-t-il, ajoutant qu’il est « normal que le mobile soit en déficit » en période de lancement, en raison des infrastructures et investissements à réaliser. « La rentabilité va venir relativement vite (…) on est encore en phase d’investissement ».

Également interpellé au niveau du coût de l’accord d’itinérance avec Orange, Maxime Lombardini a finalement avoué que celui-ci serait « un peu plus » élevé que le milliard d’euros prévu sur 3 ans, « pour une bonne raison : il y a beaucoup plus d’abonnés qu’attendu (…) c’est une dépense nécessaire qui n’a pas vocation à durer éternellement ».

Invité à réagir aux propos très durs de Martin Bouygues, qui accuse Free d’avoir détruit le marché des opérateurs mobiles, Maxime Lombardini se défend vigoureusement : « SFR a publié ses résultats hier, la rentabilité a augmenté ! (…) Le marché a augmenté de 2 millions d’abonnés », constate-t-il.

Le DG de Free se lance dans une véritable tirade à l’encontre de Bouygues : « Bouygues nous dit “Free n’investit pas dans le mobile”. Dans le fixe, que fait Bouygues ? Ils n’ont pas mis un euro dans la fibre optique, nous on a mis 700 millions. Ils s’installent sur le réseau de Numericable. Dans l’ADSL, on a dégroupé 4500 répartiteurs, (…) on a investi 3 milliards sur les 10 dernières années. Bouygues, il fait quoi ? (…) Ils ont fait 600 répartiteurs et puis après ils utilisent ceux de SFR. C’est un groupe que je connais bien, j’y ai travaillé pendant 15 ans. Il y a toujours deux discours : je suis ultra-libéral quand ça m’arrange et je suis quasi-marxiste quand ça m’arrange (…) ».

« Un boulanger qui est seul sur une ville, il est très heureux. Quand un nouveau arrive, et met de la concurrence, il n’aime pas. Sur le mobile c’est pareil : les forfaits illimités, chez [Bouygues], avant que la 4ème licence soit annoncée c’était 180 € par mois ; quand la 4ème licence a été annoncée, ils ont baissé à 80 € ; trois mois avant qu’on n’arrive, ils ont baissé à 24 €. On a baissé à 19 €, ils se sont alignés… ».

« C’est désagréable quand vous êtes sur un magot, et que d’un seul coup quelqu’un arrive et met ça à son juste prix », lâche-t-il finalement.

Écoutez l’intégralité de l’interview sur BFM Business :


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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

19 commentaires

  1. Martin Bouygues, qui accuse Free d’avoir détruit le marché des opérateurs mobiles
    mdr et lui alors qui s'est gavé sur le dos des clients pendant des décennies ein ! qu'il demandent un peu aux clients ce qu'ils en pensent de cette baisse depuis quelques mois que free a sorti ses forfaits !

  2. Comme le dit bien Lombardini, les profits des opérateurs étaient anormalement hauts. Si le monde des télecoms reçoit un peu moins d'argent, les ménages dépenseront cet argent ailleurs. Donc difficile de dire que l'Etat perd des rentrées fiscales.

  3. A force de chercher Bouygues recoit, et la ou Free déploit son réseau mobile, Bouygues en effet sur le fixe ne déploit rien, 0 fibre optique, la "fibre" de numéricable en location, et sur l'adsl il loue les nra dégroupés de SFR uniquement et n'a que 600 NRA dégroupés en propre. Et surtout Bouygues n'a aucunement envie que ca change.
    Alors c'est qui le COUCOU ?

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