Dernière ligne droite

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Ride the King’s highway, baby !

On le sait désormais, en ce qui concerne la candidature à la quatrième licence de téléphonie mobile de Free Mobile, l’Arcep rendra sa réponse vendredi prochain (le 18 décembre). Et, s’il ne faut pas vendre les fréquences de l’ours avant qu’elles ne soient attribuées, tout concorde à penser que Free décrochera bien le pompon. Ce serait en tout cas une grosse surprise s’il en était autrement.

Free, what’s next ?

N’ayons pas peur des mots. Iliad est sur le point de rentrer dans une nouvelle ère. L’entrée de plain-pied dans le secteur des télécoms marque une étape claire et décisive : le passage de la société, qui a grandi par et pour Internet, vers un groupe télécom généraliste. Iliad subirait ainsi un des plus gros bouleversements de son histoire après le lancement de Free.

En ce sens, l’intégration d’Alice, qui ne s’est pas faite sans heurts, a été une première expérience grandeur nature de la capacité d’adaptation d’un fournisseur d’accès réputé pour fonctionner encore avec certaines méthodes de start-up. Dans une moindre mesure, le déploiement de l’assistance technique en France, et notamment de l’ATP (assistance technique de proximité) répond également à cette logique d’agrandissement. Mais tout ceci n’est rien face au colossal chantier de la 3G…

Finalement, car c’est bien là le plus important : pour madame Michu, la simple abonnée ADSL à Free (ou Alice), qui ne souhaite pas nécessairement prendre un forfait à Free Mobile (au premier abord), où seront les grands bouleversements ? Nous avons pensé à trois points-clés qui pourraient bien tout changer…

1) Le quadruple play

Rien n’a été dévoilé à ce sujet de la part de Free, il s’agit donc de pure spéculation de notre part… Free pourrait tout à fait proposer des forfaits ADSL liés aux forfaits mobiles, le tout permettant à la fois d’attirer une clientèle de fidèles rapidement vers la nouvelle offre Free Mobile, mais également de réaliser de véritables économies.

Internet, télévision, téléphonie fixe et téléphonie mobile. Le terme quadruple play est à la mode, mais en pratique il est encore plutôt rare. La seule firme à s’être réellement engagée sur ce terrain est Bouygues Telecom, avec son offre Ideo : un forfait Bbox (ADSL) + un forfait de téléphonie au choix (principalement, des forfaits Neo3), pour des sommes débutant à 45 €/mois. Une substantielle économie est ainsi réalisable… ce qui explique un certain succès de l’offre depuis son lancement.

Néanmoins, plusieurs analystes ont mis en lumière la timidité du marché. Même du côté de Bouygues Telecom, il manque encore un aspect qui pourrait réellement changer la donne : une vraie convergence fixe-mobile. Lier les forfaits et baisser les tarifs, c’est déjà bien ; lier les services, ne serait-ce pas encore mieux ? On pourrait imaginer des téléphones prévus pour recevoir la même offre de télévision que sur Freebox (en version 3G en déplacement, et s’appuyant sur le wifi ou sur du femtocell 3G à la maison), ainsi que d’autres fonctions facilitant la vie de l’usager. Pourquoi pas un espace d’hébergement personnel accessible directement depuis son téléphone (galerie photos, vidéo…) ?

2) Les boutiques

Maxime Lombardini, directeur général d’Iliad, l’avait expliqué sur la chaîne d’informations i>Télé : il est inconcevable de vouloir devenir un opérateur mobile d’envergure sans ouvrir des boutiques à travers la France.

Si des boutiques Free voient le jour, on imagine aisément qu’elles ne vendront pas que de la téléphonie mobile et qu’elles proposeront peut-être aussi des forfaits ADSL. Le potentiel est énorme : les clients pourraient choisir d’aller chercher leur Freebox dans la boutique la plus proche plutôt que de se la faire livrer. Ils pourraient même y souscrire un abonnement directement, sur place, et se voir remettre leurs identifiants FreeWifi pour commencer à se connecter sitôt rentrés en attendant l’activation de leur ligne !

A la manière des points-relais Kiala, les boutiques Free pourraient aussi servir de point d’échange ou de remplacement pour les Freebox. Certes, le service après-vente n’y serait pas forcément proposé (on sait qu’Orange, par exemple, tient à faire respecter la distinction entre les points de vente et le service clients… même si en pratique les vendeurs sont souvent tolérants) mais il serait alors possible d’obtenir un échange de Freebox auprès de la hotline… et venir chercher sa nouvelle boîte magique dans l’heure dans sa boutique.

Dans tous les cas, c’est un maillon humain supplémentaire qui vient se greffer à la chaîne. Les détracteurs de Free lui reprochent une communication malaisée, un aspect un peu « virtuel » sans contact de proximité ; l’ATP a commencé à changer les choses, les boutiques pourraient parachever le travail.

3) La reconnaissance

Dernier point et non des moindres, en devenant, comme on l’a dit, un acteur généraliste dans le domaine des télécommunications, Free n’est plus (seulement) le trublion de l’ADSL. Il démontre sa crédibilité dans d’autres domaines, et devient ainsi publiquement l’égal de gros groupes tels que SFR. De quoi renforcer son image, tant auprès des clients (combien de fois a-t-on entendu dire que Free n’était « pas fiable » ?) qu’auprès des collectivités, syndics et décideurs de tout poil… ce dernier point étant particulièrement décisif dans l’autre grande bataille qu’Iliad aura à mener : celle de la fibre optique.

Si Free parvient à résoudre l’épineuse équation à trois inconnues entre son image de trublion, de casseur de prix qui plaît tant aux technophiles voire aux geeks, sa volonté d’acquérir la confiance d’un public plus néophyte, et sa vocation à devenir un groupe télécom capable de rivaliser avec des multinationales telles qu’Orange ou Vivendi… le plus gros sera fait ! Car, ne nous y trompons pas, comme partout, la plus grosse bataille se situera sur le terrain de l’image.

On se dit à la semaine prochaine avec une bonne nouvelle dans la poche ? 😉

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