MIDEM 2011 : Nous sommes tous des pirates…

23

Le MIDEM 2011 vient de s’achever à Cannes, et aura été cette année l’occasion pour la Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des Droits sur Internet (HADOPI), de lever le voile sur les premiers résultats issus de son Laboratoire de recherches et d’études sur les habitudes des internautes en matière de consommation de biens culturels.

S’il est limpide que la visée de cette étude s’attache prioritairement à faire un premier bilan des mesures adoptées par elle dans l’objectif de mettre un terme aux pratiques illicites en matière de téléchargement illégal, elle s’attache surtout à montrer du doigt leurs auteurs, au sein même du panel interrogé, notamment par l’établissement de catégories socio-professionnelles précises, de leurs budgets respectifs en matière de consommation de biens culturels et la stigmatisation de leurs pratiques personnelles en élargissant le champ d’application de son questionnaire dont la subjectivité reste contestable sur plusieurs points, et tout particulièrement :

-  La contradiction flagrante entre les résultats obtenus qui dénoncent 49 % de pirates au sein des répondants au questionnaire mis en ligne, et les études antérieures notamment réalisées par LH2-Zdenet (15%) pour la France, et Warner Music pour les Etats-Unis (13%) ;

-  La définition des produits culturels subordonnés à son étude, englobant les logiciels, alors que la mission qui lui a été confiée s’attache uniquement à la production musicale et audiovisuelle ;

-  La confusion opérée par bon nombre de répondants entre Peer 2 Peer et streaming, ainsi que le manque d’intérêt manifeste pour l’action HADOPI d’une manière générale ;

-  La méconnaissance des internautes sur le verrouillage des accès internet personnels aux fins d’éviter toute utilisation malveillante par autrui.

Pour résumer on ne peut que s’interroger sur l’objectivité des questions posées dans le cadre de ce premier résultat, dont les mérites semblent plus dévolus à apporter la démonstration du bien fondé de l’action de la HADOPI, le budget mis à sa disposition pour sa communication et la labellisation de l’offre légale (respectivement évalués à 920 000 € pour l’année 2010 et 1,47 millions d’euros pour 2011), d’autant que le cercle des débats de cette session 2011, s’est achevé sur l’intervention du Commissaire au Marché Intérieur Michel BARNIER et les prémices de la « stratégie européenne pour la propriété intellectuelle » qui doit être mise en place au printemps prochain, dans le but avéré de lutter contre le piratage et proposer une protection du droit d’auteur plus rationnelle et cohérente, en adéquation avec les comportements culturels actuels des consommateurs.

Source : Zdnet et HADOPI

Partager

A propos de l'auteur

23 commentaires

  1. Il n'y a effectivement pas de différence entre le Pear 2 Pear et le streaming => dans les deux cas il y a des bonnes poires. Par contre le peer-to-peer c'est une autre histoire que seuls les pairs connaissent. Si un site comme freenews n'est pas fichu d'orthographier P2P correctement, comment espérer que les gens interrogés au hasard de la rue en soient capable. Au passage les chiffre de 49% me parait plus crédible que celui de 15%, la vérité est sans doute quelque part entre les 2

  2. En gros, ils se font de l'auto-congratulation, quitte à fausser les stats. Bref, rien de nouveau, ils ne sont toujours pas connectés à la réalité. On remarque aussi que leur "stratégie européenne" place en priorité la protection et le combat, éclipsant la diffusion des oeuvres légales. Pourtant une question centrale se pose, ces temps-ci: A quoi servent les Majors, si la diffusion se fait de façon dématérialisée ?

  3. Antity a écrit :
    Au passage les chiffre de 49% me parait plus crédible que celui de 15%, la vérité est sans doute quelque part entre les 2
    Ce chiffre n'a (pour moi) aucune importance, tant que le fond du problème ne sera pas traité: circuit de distribution de plus en plus fermé et industrialisation de la musique à rentabilité maximale avec de moins en moins d'acteurs (majors et artistes) et où cette industrie finit par culpabiliser les clients parce qu'ils n'achètent pas ce qu'elle nous a "généreusement" proposé.

  4. En même temps les musiques que les majors proposent sont encodées avec leurs pieds. A peine 3,5Mo la musique. Un taux d'échantillonnage pourris. A ce prix là, autant vendre des cassettes audio. Et pour les films, de 3 à 6€ la location de 24h, tout simplement trop chère avec la conjoncture actuelle. Le peuple a de moins en moins de pouvoir d'achat, tout augmente et continuera à augmenter, l'état n'en a pas encore fini d'ajouter ou d'augmenter des taxes ou des impôts et l'état ose se plaindre. Il est là le cœur du problème. On n'a plus de fric! Seul les riches et les politiciens en ont. Saloperie de monarchie...

  5. Antity a écrit :
    Il n'y a effectivement pas de différence entre le Pear 2 Pear et le streaming => dans les deux cas il y a des bonnes poires. Par contre le peer-to-peer c'est une autre histoire que seuls les pairs connaissent. Si un site comme freenews n'est pas fichu d'orthographier P2P correctement, comment espérer que les gens interrogés au hasard de la rue en soient capable. Au passage les chiffre de 49% me parait plus crédible que celui de 15%, la vérité est sans doute quelque part entre les 2
    J'ai certes fait une coquille sur un anglicisme pour avoir rédigé trop vite, mais quand on fait une remarque, encore faut-il se dispenser du cumul d'une faute basique de syntaxe et de conjugaison française ;)

  6. c'est a cause des pirates que René la Taupe ne passera pas l'hiver !! tenez vous le pour dit ! d'ailleur "loulou la louttre" est deja dans les bac . Pauvre France ...

  7. Je me présente : Guillaume, je suis un des consultants statistique indépendants indiqué au début du rapport HADOPI. J'ai pris part à la réalisation de ce sondage. Ma mission était de prévenir les risques de biais, s'assurer de l'objectivité des questions posées et que la méthodologie déployée est bien conforme à la technique du sondage d'opinion. Je tiens à préciser que je n'ai pas d'intérêt particulier auprès d'HADOPI si ce n'est le fait que mon travail n'est pas gratuit. Mon intérêt professionnel est donc avant tout d'expliquer et de convaincre que le sondage a été fait dans de bonnes conditions en utilisant les bons moyens et les bonnes méthodes. Par ailleurs, je m'occupe du site http://statosphere.fr et j'espère que vous conviendrez que je n'ai pas d'affection particulière pour Hadopi après avoir lu cet article, d'ailleurs publié sur Freenews ici (au passage, c'est bien la preuve qu'on donne du crédit aux démonstrations que quand elles arrangent) : http://www.freenews.fr/spip.php?article7169 Je n'ai pas retourné ma veste depuis cet article. Mon état d'esprit est toujours le même : ce qui m'importe c'est la méthodologie, les chiffres et les résultats. L'analyse, qu'il s'agisse de celle des journalistes ou de celle de l'HADOPI, il y aura toujours quelque chose à redire (aussi futile soit cette chose). Comme vous semblez remettre en cause les qualités méthodologiques de ce sondage, j'interviens. :-) 1/ Un sondage visant à connaître l'ampleur du téléchargement illégal passe forccément par la mise en place de quotas servant non seulement à déterminer un échantillon représentatif mais aussi à pouvoir dresser un profil type du téléchargeur illégal. Vous appelez ça un "pirate". Je vous avoue que j'ai abandonné cette dénomination depuis qu'en 2009, à l'Assemblée Nationale, elle était utilisée à outrance (sans oublier la "piraterie" bien sûr). 2/ Vous êtes-vous demandés si l'étude ZDNet contenait un biais ? Si j'avais fait un article pour dénoncer un problème de biais (comme pour le SNEP et IPSOS, voir le lien en début de commentaire), l'auriez-vous publié ? Donc, oui le sondage ZDNet comporte un biais. Il est d'ailleurs le même que celui du SNEP et le même que celui d'un sondage SACEM paru la semaine dernière. J'explique : la base d'étude de tous ces sondages repose sur des individus interrogés par téléphone. Ainsi, d'une part, savoir si l'interviewé est un internaute est une mission beaucoup plus délicate alors qu'elle se révèle automatique dans le sondage HADOPI : on a interrogé une base access panel, c'est à dire des individus qui ont "adhéré" à un panel en ligne pour répondre à ce type de question. Par ailleurs : ZDNet mesure le renoncement des internautes au téléchargement illégal sur la base d'une population d'internaute ne téléchargeant pas forcément. La subtilité (qui n'en est pas vraiment une) c'est que ZDNet (et le sondage SACEM d'ailleurs) se retrouve à demander à des gens qui ne téléchargent pas s'ils renconceraient à télécharger au cas où ils recevraient un courrier. Du coup, les chiffres vont forcément déconner... Dimanche dernier, au MIDEM, je suis intervenu pendant la conférence SACEM pour avoir des explications sur ce procédé. Réponse du patron de la SACEM : "ça nous permettait de mesurer le comportement des parents (non internautes) à la réception éventuelle d'un courrier HADOPI". Les bras m'en sont tombés... Dès lors qu'on mesure un comportement d'internaute sur une base contenant des non-internautes, je ne vois pas comment l'analyse n'est pas forcément faussée. Revenons au sondage HADOPI : comme vous le signalez, les 49% correspondent à un pourcentage d'internautes téléchargeant illégalement dans leur ensemble ! On a mesuré le téléchargement illégal des jeux videos parce que cela fait parti du téléchargement illégal. Je pensais sincèrement qu'on serait attaqué sur le fait de ne pas mettre : photos, jeux video, logiciels... Cette partie du sondage n'avait pas pour vocation de refléter l'action de l'HADOPI mais de mesurer le téléchargement illégal, intégralement et objectivement. Au passage, si ce chiffre de 49% dérange, vous avez le détail et pouvez relever le chiffre du téléchargement illégal propre à la musique ou à la vidéo exclusivement. Et là, vous cesserez de comparer un nombre de choux avec un nombre de carottes (même si c'est peine perdue compte tenu du biais des sondages ZDNet, SACEM, SNEP...). 3/ Êtes vous en train de dire que le "manque d'intérêt manifeste pour l'action d'HADOPI" est un point dont la subjectivité reste contestable ? Je suis désolé mais après maintes relectures, c'est ce que j'en déduis. Quoiqu'il en soit, je ne vois rien qui puisse mettre en évidence une confusion entre P2P et streaming. Je pense que les gens qui utilisent ces technologies (donc ceux qui répondent "oui" sur ce point) savent faire la différence entre Youtube / Dailymotion et The Pirate Bay / les sites de torrent / eMule etc... 4/ Selon vous, montrer le manque d'intérêt des internautes envers HADOPI ou montrer que ceux qui téléchargent illégalement sont ceux qui dépensent le plus légalement, cela va dans le sens d'une démonstration du bien fondé de l'action d'HADOPI ? J'espère que vous saurez donné autant de crédit à ce commentaire qu'à mon article que vous aviez mentionné sur Freenews en Octobre 2009. ;-)

  8. Réagir sur le forum