Dailymotion, récit de la déchéance du site racheté par Vivendi

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Autrefois fleuron du web français, Dailymotion accuse aujourd’hui un bilan médiocre et fait face à la fuite de ses membres fondateurs. Que s’est-il passé ?

Dans un article, Capital détaille le parcours de Dailymotion, « un gâchis à la française ». Initialement bien placée dans la course à la vidéo sur le web, la start-up française permet aux utilisateurs d’héberger leurs propres contenus dès 2005 — la même année qu’un certain YouTube. Elle ne parviendra jamais à bénéficier du même essor que sa concurrente américaine, rachetée l’année suivante par Google…

Fonds stratégique d’investissement, Orange, Vivendi… le site passe de mains en mains

Capital retrace l’histoire de la société, de rachats en rachats. Dès 2009, conscient du potentiel du site très utilisé à l’international, l’État français entre au capital à hauteur de 51%, via le Fonds stratégique d’investissement. Un « cadeau empoisonné », puisque c’est l’État qui s’opposera à la reprise du site par Yahoo!, quelques années plus tard. Finalement, c’est Orange (déjà actionnaire) qui montera au capital à 100% pour empêcher la reprise de la start-up française par un groupe étranger, sous l’impulsion d’Arnaud Montebourg. Mais cette stratégie marquera l’impossibilité pour Dailymotion de lever des capitaux suffisants pour rivaliser avec le géant Google, et son monopolistique YouTube.

Aujourd’hui détenue à 90% par Vivendi (Orange conservant les 10% restants), l’entreprise périclite. Le nombre de vidéos vues sur le site a ainsi fondu de moitié en un an ! La moitié des salariés, dont la plupart de ses têtes pensantes, toujours là depuis la création, ont quitté l’entreprise depuis l’arrivée de Vivendi en 2015. Déjà à l’œuvre chez Canal+, la méthode Bolloré continue de faire ses preuves…

L’article est à lire en intégralité sur le site de capital.fr

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[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

4 commentaires

  1. C'est l'exemple même des pseudo-bonnes idées ! On a voulu protéger Dailymotion et cette bonne intention a conduit à sa mort ! Beaucoup d'initiatives de ce type en ce moment dans tous les domaines ont les mêmes effets néfastes (souvent sans qu'on ne s'en rendre pas compte directement). Heureusement Arnaud Montébourde n'est pas resté trop longtemps aux commandes (mais certainement assez pour nuire à l'économie qui ne s'en relève toujours pas).
    Petite preuve concernant la différence d'envergure : Le correcteur orthographique français affiche une erreur quand je tape Dailymotion et ne trouve rien a proposer alors qu'il me corrige Youtube en YouTube :)

  2. C'est surtout la preuve que les "élites" françaises ne comprennent rien aux entreprises du web et à la manière dont fonctionne la Silicon Valley.
    Ils passent leur temps à dire qu'ils peuvent faire aussi bien (comme par exemple le cloud souverain) mais se vautrent systématiquement, pour une raison simple : aucun d'entre eux n'a jamais mis les pieds dans la silicon valley (et ils ne s'y intéressent pas plus que ça). Leur manière de raisonner est à l'ouest, et de manière flagrante.
    Une startup du web, ça marche avant tout avec quelques éléments clé, dirigeants, et qui sont d'abord techniciens et ensuite bons au niveau business (et non des dirigeants business qui comprennent vaguement la technique) et qui s'entourent d'un nombre limité de très bon développeurs. Le seul exemple qui me vienne en France ... c'est Free avec Xavier Niel et ses quelques associés techniques stratégiques, et une taille raisonnable.
    Toutes les autres boites françaises n'ont aucune chance de rivaliser avec une boite de la silicon valley. Aucune.

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