Free Mobile met en danger l’emploi selon une étude

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Bruno Deffains, professeur à l’université Paris II et président de l’European Association of Law and Economics, dresse un bilan négatif de l’impact de Free Mobile sur l’emploi en France.

Loin des conclusions dressées par l’étude commandée par Free à deux économistes, qui prévoient la création de 267 emplois dans les télécommunications et de 16 000 à 30 000 emplois dans d’autres secteurs, Bruno Deffains avertit dans une tribune publiée ce jour par Les Échos et conteste les « hypothèses discutables » de la thèse officiellement mise en avant par Free.

Dans un rapport rendu public dès le mois de juin, il tablait sur un bilan bien plus inquiétant pour l’économie du pays : près de 70 000 emplois seraient détruits, à terme, par le nouvel entrant. Cette fois-ci, il s’attaque, point par point, à l’argumentaire d’Augustin Landier et David Thesmar, les deux économistes retenus par Free.

Pour Bruno Deffains, une baisse de prix sur l’abonnement mobile implique une hausse de la demande des services complémentaires. Or, sur mobile, les contenus et applications les plus populaires se situent hors de France — App Store d’Apple, Play Store de Google… des sociétés qui échappent de surcroît à la fiscalité française. De quoi sérieusement limiter l’impact positif de Free Mobile sur l’économie française, en conclut le professeur.

L’étude mise en avant par Free Mobile sous-estimerait également les sommes réinvesties par les consommateurs dans les terminaux mobiles : « près de 70 % du gain de pouvoir d’achat obtenu par baisse des factures mobiles sera réinjecté sous forme d’achat de terminaux », estime Bruno Deffains, qui souligne que ce secteur n’est pas créateur d’emploi en France, les terminaux mobiles étant importés.

Enfin, l’analyste constate également que l’étude officielle prévoit un taux d’épargne stable de 14% pour les prochaines années, « alors qu’en période d’incertitude il devrait plutôt augmenter ». Autrement dit, les sommes économisées par les ménages dans Free Mobile seraient plus généreusement réparties dans l’épargne que dans la consommation, contrairement à ce qu’estime l’étude des deux économistes.

Pour Bruno Deffains, c’est finalement l’Arcep (Autorité de régulation des télécoms) qui est partiellement responsable de cette situation, en n’ayant pas suffisamment étudié les conséquences d’une quatrième licence mobile sur le secteur de l’emploi. « Si le régulateur avait évalué pleinement l’impact sur l’emploi, si l’exécutif avait eu connaissance de cet impact, de ses conséquences sociales et fiscales, qu’en aurait-il été ? »

- À lire sur Les Échos.fr : Pourquoi Free Mobile met l’emploi en danger

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A propos de l'auteur

[Responsable de la rédaction] Sévit également sur Café Gaming et Point de vue social.

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