Reporters Sans Frontières a publié, à l’occasion de la journée mondiale contre la cyber-censure, sa liste 2010 des “ennemis d’Internet”. Première (triste) constatation : la liste s’est largement allongée par rapport à l’année précédente, en intégrant désormais des pays “sous surveillance”...
Le rapport affiche la couleur dès le préambule :
« Censure de contenus politiques ou sociaux grâce aux derniers outils technologiques, arrestations et intimidations de net-citoyens, surveillance omniprésente et fichage destinés à mettre en danger l’anonymat des internautes : les gouvernements répressifs sont passés à l’acte. Une soixantaine de pays ont été concernés en 2009 par une forme de censure du Web, soit deux fois plus que l’année passée. LeWorldWideWeb se fait grignoter progressivement par la mise en place d’intranets nationaux, au contenu “validé” par les autorités. UzNet, Chinternet, TurkmenNet, etc. Peu importe à ces dirigeants si de plus en plus d’internautes sont victimes d’une ségrégation numérique. Le Web 2.0 se heurte au Control 2.0. »
Si on ne sera guère surpris de retrouver les éternels habitués du classement (Chine, Iran, Egypte, Arabie saoudite, Corée du Nord...), d’autres régimes font leur apparition en tant que « pays sous surveillance ». Certains d’entre eux sont internationalement reconnus comme des démocraties : l’Australie (dont les lois visent à mettre en place un système de filtrage généralisé), la Russie (suite à certaines arrestations de blogueurs un peu trop bavards) et la Turquie (bloquant généreusement des sites aussi gros que Youtube pour éviter certains sujets délicats, tels que les minorités kurdes, arméniennes, ou encore l’armée) font ainsi partie de cette liste.
RSF dénonce d’une manière générale la radicalisation des mesures répressives à l’encontre d’Internet, et souligne le danger d’un accord tel que l’ACTA au niveau international, discuté dans le secret « sans consultation des ONG et de la société civile » et pouvant potentiellement mener à l’échelle mondiale à un « système de filtrage non soumis à une décision de justice ». Pas très rassurant...
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Et avec les différentes loies qui visent le numérique depuis quelques années, la france rentrera bientot dans cette liste de pays liberticide (qui pour moi l'est déjà sur d'autres points...)