Presse

Anonymat sur le net : Mythe ou réalité ?

A moins d’une semaine de l’ouverture de l’examen du projet de loi Création et Internet à l’Assemblée Nationale, beaucoup de monde commence a prendre conscience de la nécessite de préserver son anonymat.

Nous sommes de plus en plus fichés, suivis et traqués grâce à nos moyens de communications modernes, que ce soit le badge télépéage, la vidéo surveillance urbaine, la carte bleue, le téléphone portable, "Pass Navigo" de la RATP, les puces RFID, cartes de fidélité en tout genre et biensur de plus en plus sur internet.

Inutile de tomber dans la paranoïa, nous restons dans un pays libre et rien de comparable à certaines dictatures. Cependant, suite au 11 septembre, et sous le prétexte de sécurité nationale, nombres d’états ont déjà pris une foule de dispositions qui réduisent les libertés individuelles.

Pour internet, toute connexion est identifiable par un numéro, appelé adresse IP. (On ne parle pas des virus, trojans, mouchards ou autres cookies malsains qui ont des buts pas très avouables). A cette IP correspond un fournisseur d’accès (FAI) qui l’alloue à ses clients. Beaucoup encore croient en ce pseudo anonymat, surtout sur les forums et newsgroups (de Freenews ?).

On objectera que cet anonymat n’est rien de plus qu’une apparence, comme beaucoup de choses dès qu’on parle d’internet… Il est en effet théoriquement possible d’identifier grâce à l’adresse IP le FAI qui la détient, et qui est censé connaître l’identité de la personne à qui il a attribué cette adresse. Il ne reste plus qu’à le lui demander, et le tour est joué ? Pas si simple. Car ce processus d’identification se heurte à quelques limites techniques, pratiques, et juridiques.

Se connecter d’un cybercafé est tout à fait légal, et sauf dans certains cas, l’identité de l’utilisateur est rarement connue. Le cas des connexions Wifi via des Hotspots est semblable car c’est grâce à votre ordinateur que l’accès se fait, et soit une authentification est imposée (gratuite ou payante) comme dans les hôtels qui vous envoient le mot de passe via texto, soit la connexion est libre. L’idée d’une liste blanche de site accessible semble abandonnée par la ministre de la culture christine Albanel.

Il en effet est possible à un technicien averti de falsifier son adresse IP et ainsi d’induire en erreur l’identité de la connexion. Cette technique dite IP spoofing n’est combattue que dans les systèmes sécurisés, par exemple pour les transactions commerciales. Sur le web classique, l’adresse IP n’est donc pas une preuve absolue mais un indice falsifiable. D’ailleurs, un jugement du tribunal de Guingamp en date du 23 février 2009 a estimé que l’adresse IP n’a pas été suffisante pour déterminer la culpabilité ou non du prévenu qui niait les faits qui lui étaient reprochés. Comme le souligne Degroupnews, quelle sera la légitimité des décisions rendues par l’Hadopi dans ce contexte ?

Le risque est de voir apparaitre des solutions de plus en plus sécurisées et cryptées comme des réseaux d’échanges privés qui existent déjà et prennent de l’ampleur (Gigatrib). On se dirigige vers une utilisation plus élargie de logiciels de cryptage très sécurisés comme PGP qui offre gratuitement une puissance de chiffrage incassable et en version payante des options de tunnels sécurisés et cryptages de disques durs. Le téléchargement illégal ne serrait il pas un prétexte pour mettre internet sous contrôle à la méthode chinoise ? Les internautes ne manquent pas d’idées et le groupe piratebay a déjà prévenu d’actions spectaculaires visant a montrer l’inefficacité et l’absurdité du procédé.

Alors, Freenaute libre ? Freenaute anonyme ? Ou Freenaute sous surveillance ?

- Vous laissez des traces sur le net ?

- Explications sur la technique IP Spoofing
- Logiciels d’échanges sécurisés : Peer2Me, Gigatrib
- Page de téléchargement de PGP et PGP disk (pour créer des partitions protégées)
- Et ailleurs c’est mieux ?

Sources : kazzblog et autres...

08.03.2009 18:36 - Presse - Cédric - 34 commentaires
Bookmark and Share Imprimer Alertes
Commentaires des lecteurs

Marco PAULOT


Il y a 526 j

shyrokie :

Il faut que les artistes fassent de l art, que les scientifiques fassent de la science et qu internet soit une zone neutre et libre, qu on arrête de mettre des copyrights et des brevets partout et pour n'importe quoi.

Que les artistes soit rémunérés, je suis ok, mais bon sens aller dans le sens de la consommation et pas dans celui de l interdiction.

Quelque chose d aussi anodin que de regarder un film, d écouter une musique, de jouer a un jeu, est interdit, faut vous réveillez, où est le mal ? ...

C est interdit, c est illégal, blablabla, l argument ne tien pas debout il faut vivre avec son temps, c est à l industrie de s adapter, à nos façon de consommer...

Le gouvernement et Hadopi veule interdire aux gens d'être libre sur internet, libre de s'exprimer, libre d'échanger ce qu'il aime, libre d'avoir une seconde vie irréelle et anonyme.

...+ la majeure partie des Internautes qui s'élève à combien déjà ? +++

Ele


Il y a 528 j

Ele :

"Edvige procède de cette idée qu'on devient suspect potentiel dès lors qu'on s'intéresse à la vie de notre société. L'état d'esprit est le même que pour la rétention de sûreté : faire croire que nous vivons constamment sous la menace. Nous sommes entrés dans une ère inquiétante, où l'on se contente de dénoncer avec mollesse quelques abus par-ci par-là, sans jamais pointer du doigt la cohérence d'une politique qui construit pour nous une société de contrôle"
Marc Abélès, EHESS, Directeur du laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales (LAIOS-CNRS). Politique de la survie, Paris, Flammarion, 2006.

Ce soir, mardi 24 mars 2009, sur ARTE L'avis des autres
http://www.arte.tv


Pour ceux qui ne l'auraient pas prêté attention
Je vous invite à lire une page de ARTE sur les "Techniques de contrôle"

Et voir le livre enquête "Tous fichés" aux éditions Télémaques de Jacques Henno. Cela a donné naissance à un blog Tous fichés

Et de regarder une vidéo très illustratrice de la folle course du tout sécuritaire, sur le "Passeport Biométrique : Attention Danger !" Un reportage de Raphael Engel et Florence Fernex pour la TSR.
On peut voir comment les nouvelles technologies servent à contrôler les individus mais surtout comment des petits malins pourront toujours les contourner et les détourner. En résumé, elles ne servent à rien mis à part mettre en danger les libertés des citoyens.
Comment cloner une puce RFID à distance, le contenu d'un passeport à distance, comment on a volé les empreintes digitales du ministre de l'intérieur allemand.
Il est possible de la voir sur
- http://www.tsr.ch/
- Temps présent

D'ailleurs, Andreas Bogk, membre du "Chaos Computer Club", Allemagne, sera l'un des invités ce soir.

shyrokie


Il y a 542 j

Réductrice de liberté ? Et la liberté des artistes ? Des développeurs ? Des salariés de l'industrie musicale, du cinéma ?
et que les ayants droits n'ont pas à être rémunérés pour leur boulot.

Juste trois truck :
-Le piratage est le partage de la culture n ont rien à voir.
-Télécharger de façon soit disant illégal et ne pas rémunérer les ayants droit n ont rien à voir.
-Il n a jamais était prouver de lien entre la baisse des ventes et l échange numérique, ils existent d autre explication bien plus terre à terre.

Avoir un bénéfisse de 10€ sur un article, ou 1€ de bénef sur 10 articles cela revient au même, cette exemple est juste là pour montrer que internet permet de démultiplier la consommation en réduisant le cout.
Il est tout à fait possible d à la fois payer les ayant droits et de permettre une libre consommation.

Le problème de cette solution miracle c est qu elle est totalement hors de contrôle, seul les artistes qui font de bonne chose verront leur œuvre avoir du succès sur la toile, pour les autres ils seront obligés de faire des campagnes de pub faramineuse pour obtenir des succès équivalent.

Des sociétés privées ont actuellement le contrôle de l industrie du disque, des artistes et donc de la culture que l on consomme, le partage libre de la culture (piratage) permet d éviter cette dictature.

à infractions de masse justice de masse. C est pas aussi choquant que certains voudraient le faire croire.

Je suis révolté des radards automatiques, la limitation de vitesse est très subjective en France, on connait tous des endroits ou c est limité de façons abusivement bas, ou il n y a jamais eu le moindre accident et c est là que le radar ou des flics se trouve et dans les cités on ne voit personne.
Que l état se face de l argent là dessus pourquoi pas, mais qu ils arrêtent de retirer des points pour ça, c est dangereux pour notre société d avoir des gens honnête qui roule sans permit et j'insiste bien sur le coté honnête.

Si la justice punit tout le monde, elle ne joue pas sont rôle de justice, si tout le monde enfreins la loi, c'est qu'elle n a aucune valeur morale.

Le radar automatique est une taxe du gouvernement sur les automobilistes, sous couvert de la sécurité, il crée une peur et oblige beaucoup à rouler sans permit, la solution du problème devient pire que le mal.
Chez moi cela s'appel gouverner par la peur

Tartiflou


Il y a 542 j

Sovitec :

Oui, mais pas de façon automatique, il faut un jugement.

Par l'HADOPI non plus ce n'est pas automatique, on est convoqué avant.
Et puis pour une suspension de permis, il n'y a pas forcément besoin d'un jugement : la suspension peut être décidée provisoirement par le préfet, sans débat. Bon, c'est vrai que dans le projet de loi HADOPI ce n'est pas "provisoire", c'est simplement susceptible de recours devant la justice judiciaire.

Sovitec :

Ah ? Une commission qui a 20 secondes par dossier tu appelles ça un traitement judiciaire ?

Euh non, j'ai juste dit que c'était des magistrats qui décidaient, et donc pas un organisme privé :) Et puis les "20 secondes" dont tu parles, c'est pour l'envoi des mails ou courriers, pas pour la suspension de l'accès.

Sovitec


Il y a 542 j

Tartiflou :

Le permis peut être suspendu après un grand excès de vitesse.

Oui, mais pas de façon automatique, il faut un jugement.

Tartiflou :

La commission qui suspend les accès n'est constitué que de magistrats.

Ah ? Une commission qui a 20 secondes par dossier tu appelles ça un traitement judiciaire ?